La deuxième vie réussie d'Andrade



  • Le gardien portugais a joué dans de grands clubs avant de passer au football sur sable
  • Il raconte comment il en est venu au beach soccer et à jouer pour le Portugal
  • Il s’apprête à affronter le Brésil, son pays natal

Si vous tapez « Elinton Andrade » sur Google, vous trouverez des images du gardien de but dans de grands clubs comme Flamengo et l’Olympique de Marseille. Vous pourriez même tomber sur une vidéo d’un quart de finale de l’OM contre le Bayern Munich en Ligue des champions de l’UEFA.

Mais vous le retrouverez aussi sous le maillot du Portugal, les pieds dans le sable et un ballon un peu différent entre les mains, voire soulevant un trophée. Andrade est l’un des meilleurs gardiens de but de beach soccer.

« Tout a commencé en 2015, alors que je n’avais pas encore décidé de prendre ma retraite et que je m’entraînais avec l’équipe de beach soccer de Flamengo », déclare le joueur de 40 ans à FIFA.com avant le deuxième match de son équipe dans la Coupe du Monde de Beach Soccer de la FIFA, Paraguay 2019.

Andrade poses during the Portugal team presentation 

« Ça me plaisait beaucoup et même si j’ai joué au foot à onze pendant 21 ans, j’ai grandi à Rio de Janeiro, donc j’ai toujours joué au beach-volley et au footvolley. Ça m’a permis de m’adapter rapidement au sable. Et puis, j’ai toujours été très bien entraîné. De cette façon, tout est allé vite. »

Si vite qu’après avoir remporté le prix du meilleur gardien lors de son premier tournoi de beach soccer, il a été contacté par les sélections du Brésil et du Portugal. « Les deux voulaient savoir si c’était quelque chose de temporaire pour moi. La réponse est que j’avais déjà décidé de poursuivre ma carrière dans le beach soccer. »

C’est là que commence un autre chapitre de l’histoire : pourquoi a-t-il choisi le Portugal ? « Il n’y a pas un motif unique, c’est un ensemble de raisons et aucune d’entre elles ne vient d’un rejet du Brésil. »

« Sur le plan sportif, le Brésil avait déjà Mao, mais aussi d’autres gardiens. Même si j’avais les moyens de rivaliser avec lui, les choses étaient différentes au Portugal. Je me disais que je pourrais peut-être jouer et aider davantage avec la sélection portugaise, qui avait aussi un calendrier plus complet et s’apprêtait à jouer la Coupe du Monde à domicile », raconte-t-il.

« Personnellement, en 2006 je n’ai pas joué et j’ai vécu avec une famille de Braga qui m’a ‘adopté’ pendant que je m’entraînais et que j’attendais mon passeport portugais. Je les aidais en travaillant le terrain. Le Portugal m’a donc donné plus que le football. Ça a pesé dans ma décision. »

Andrade, Leo Martins and Belchior of Portugal sing their national anthem

Ce qui a suivi en 2015 a fini de le faire tomber amoureux du beach soccer : avec lui comme gardien titulaire, l’équipe nationale a remporté la Coupe du Monde au Portugal, le Championnat d’Europe et les Jeux Olympiques de plage. En 2016 et 2018, il a été élu meilleur gardien de but du monde.

« Je suis reconnaissant de tout ce que j’ai vécu dans le football à onze, mais c’est en beach soccer que j’ai obtenu les plus grandes réussites collectives et individuelles de ma carrière. C’est quelque chose que je ne cherchais même pas dans ma vie. »

Ainsi, Andrade est un élément essentiel de l’équipe du Portugal, perçue comme l’une des sérieuses candidates au titre mondial au Paraguay, surtout après avoir battu le Nigeria 10-1 pour son entrée en lice. « C’est normal d’être perçu comme tel, mais les mots ne servent à rien. »

« Ce n’est pas le Nigeria qui nous a facilité la tâche, c’est nous qui avons fait en sorte que les choses deviennent plus faciles. Ce ne sera pas facile avec le Brésil, évidemment, mais avec Oman non plus. »

Le gardien de Flamengo explique que, personnellement, la perspective d’affronter le Brésil ne lui suscite rien de spécial. « C’est dans ce pays que je suis né, que je joue et que je vis, mais je suis né pour chanter l’hymne du Portugal. »

Sur le plan sportif, le Brésil ne lui inspire visiblement rien de particulier non plus. « J’ai le même désir de battre le Brésil que n’importe quel autre adversaire. Ils ont leurs objectifs et nous avons les nôtres. »





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