en Seine-Saint-Denis, du slam pour sensibiliser les jeunes aux violences sexistes et sexuelles



Dans 28 collèges de Seine-Saint-Denis, le programme Jeunes contre le sexisme utilise le slam pour échanger avec des élèves sur les violences sexistes et sexuelles.

Sur scène, devant les élèves de 4e du collège Sisley de l’Ile-Saint-Denis, Diariata N’Diaye utilise les mots et la musique des ados. Excision, mariage forcé, coups, viol, difficulté à parler… Son slam aborde plusieurs facettes des violences sexistes et sexuelles, et facilite ensuite les échanges. « Le garçon qui frappe la femme, est-ce qu’il est puni après ? », demande un élève. « Les enfants qui sont témoins de ça, ils voient bien qu’il y a un problème mais ils ne vont quand même pas dénoncer leur papa », répond Diariata N’Diaye. « Et en même temps, il ne faut pas penser à ce qui va arriver à l’agresseur. Dénoncer ces personnes-là, ça permet qu’il n’y ait plus de victimes. »

Après trois mois de travaux dans le cadre du Grenelle contre les violences conjugales, le gouvernement présente ses mesures pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles lundi 25 novembre. Parmi les propositions qui ont émergé, celle d’un « brevet de la non-violence » qui serait délivré lors du cursus scolaire. Un travail de prévention qui existe déjà dans 28 collèges en Seine-Saint-Denis. Le programme Jeunes contre le sexisme fait appel au slam pour mieux toucher le jeune public. Il est financé par le conseil départemental de Seine-Saint-Denis.

Dans le cadre de ce programme, Diariata N’Diaye parle souvent cash et suscite des prises de conscience. « Pas une seule fois, en plus de 300 représentations, je n’ai eu la définition complète d’un viol », indique-t-elle. La chanteuse voit aussi souvent des garçons « tilter », dit-elle, quand elle explique qu’une main aux fesses non consentie constitue une agression sexuelle. « C’est important parce que c’est pour que les gens comprennent, il faut que ça s’arrête », souligne Ambre, 13 ans. Pour elle, cette prévention n’est pas anodine. « Un jour, il y avait un élève avec qui je m’entendais bien, et puis il y a des moments où il s’amusait à toucher mes jambes ou mes fesses », explique la collégienne. « Je lui ai dit d’arrêter et il continuait, ça le faisait rire. Je le prenais mal parce que ça ne se fait pas, il n’a aucun droit de me toucher. Ça a fini dans le bureau de la proviseure. »

J’ai même eu un témoignage d’une fille qui pensait que ce qu’elle avait vécu n’était pas un viol parce que ça ne s’était pas passé dans la rue, par un inconnu. C’est super grave !Diariata N’Diayeà franceinfo

Ces adolescents sont parfois gênés quand des questions d’ordre sexuel ou touchant directement leur famille sont abordées. Mais certains expriment aussi beaucoup d’intérêt, comme Kilian, qui se sent désormais mieux armé. « Il n’y a pas longtemps, j’avais des voisins qui ont déménagé, et j’ai entendu crier d’un coup », raconte-t-il. « Avec ma mère, on est partis voir, la femme est sortie de l’appartement, elle avait un cocard, c’était affreux. Sur le coup, on se dit que ce ne sont pas nos problèmes mais on voudrait faire quelque chose, sauf qu’on ne peut pas. Maintenant, je sais qu’il faut appeler la police ou prévenir quelqu’un de plus grand que moi. » Après ce concert, dans quelques semaines, les élèves volontaires s’approprieront encore un peu plus ces sujets, en écrivant leur propre slam sur les violences sexistes.

En Seine-Saint-Denis, du slam pour sensibiliser les jeunes aux violences sexistes et sexuelles – Le reportage de Jérôme Jadot



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