en Russie, des militantes féministes veulent faire évoluer la loi pour protéger les femmes victimes de violences



En Russie, depuis janvier 2017, une loi favorise la dépénalisation des violences domestiques.

La journée mondiale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, qui aura lieu lundi 25 novembre sous l’égide de l’ONU, a peu de chances de connaître un large écho en Russie. D’après les quelques organisations qui luttent contre ce fléau, une femme russe sur trois aurait déjà été battue par son conjoint. Et depuis bientôt trois ans, une loi a tendance à dépénaliser les violences domestiques. Mais des militantes tentent d’inverser cette tendance à l’impunité, encore largement répandue dans le pays.

Défendre un projet de loi pour lutter efficacement contre les violences domestiques en Russie. C’est en effet le défi que s’est lancé un groupe de femmes, parmi lesquelles la députée de Russie unie, le parti présidentiel, Oksana Pouchkina. Totalement isolée au sein de sa formation, elle en appelle directement à Vladimir Poutine pour faire évoluer la loi et les mentalités. « La seule personne qui peut écouter, examiner et prendre la décision, c’est le président », affirme la députée. « Notre travail, aujourd’hui, c’est d’écrire un projet de loi très sérieusement, avec des preuves, pour ne pas mettre en difficulté le président. Décriminaliser les violences domestiques, ça a été une grande erreur. On a tout dit là-dessus. En Russie, les victimes ne sont pas protégées, c’est dans la tradition russe de battre les femmes. »

Selon Oksana Pouchkina, le pouvoir actuel aurait grand tort de ne pas écouter les femmes russes, qui sont, dit-elle, « six millions de plus que les hommes dans le pays ». L’autre versant du combat de ces femmes, aujourd’hui encore minoritaires, concerne le harcèlement sexuel, dans un pays où #MeToo n’existe pas comparé à ses expressions occidentales. Il commence pourtant petit à petit à apparaître sur les réseaux sociaux. « Avant #MeToo, il y a eu d’autres mouvements très populaires sur les réseaux sociaux en Russie, comme celui venu d’Ukraine, appelé ‘Je n’ai pas peur de parler’, ou comme l’initiative du Collectif des mille femmes, qui abordait la question du viol par le partenaire », explique Marina Pisklakova, responsable du Centre national de prévention des violences.

#MeToo n’a pas été aussi connu en Russie qu’en Occident.Marina Pisklakovaà franceinfo

Un proverbe ancien, venu des campagnes et très connu encore aujourd’hui en Russie, dit en substance que « si ton homme te bat, c’est qu’il t’aime ». Un dicton totalement dépassé pour les jeunes générations des villes, mais pas très éloigné en revanche des motivations ultra conservatrices et orthodoxes, dont certains tenants appellent ce week-end à manifester pour la défense des valeurs morales et traditionnelles dans la famille.

En Russie, des militantes féministes veulent faire évoluer la loi pour protéger les femmes victimes de violences – Le reportage de Claude Bruillot



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