deux décès suspects dans un hôpital



Depuis 2018, la chambre de Farès est restée vide. Après son décès, ses parents n’ont pas voulu y toucher. S’ils nous reçoivent aujourd’hui, c’est parce qu’ils sont en colère. Leur fils de 13 ans est mort alors qu’il était hospitalisé pour une suspicion d’appendicite à l’hôpital intercommunal de Créteil (Val-de-Marne). Le récit de la mère et l’étude du dossier médical permettent de retracer les vingt heures passées dans l’établissement. Le 23 novembre 2018, à 15 heures, Farès et ses parents se présentent aux urgences. Depuis cinq jours, l’enfant a mal au ventre. Son médecin traitant suspecte une appendicite. Après l’examen clinique fait par l’interne, le chef de service de chirurgie pédiatrique est sollicité.

« Je lui ai demandé ce que c’était. Il me regarde et me dit que c’est comme une boîte de conserve, il faut l’ouvrir pour voir ce qu’il y a dedans », explique Jamila Hedjal, mère de Farès. Le chirurgien demande un scanner pour établir un diagnostic et décide d’hospitaliser Farès dans son service. « Aux alentours de 20 heures, l’infirmière vient et me dit que le scanner ne se fera que demain matin, sans explication. Elle m’annonce qu’il y a plus urgent que mon fils », raconte-t-elle. La mère du garçon se laisse convaincre, mais vers 1h30 du matin, Farès commence à avoir de grosses douleurs. « Ne vous inquiétez pas, il s’agit probablement de crises d’appendicite », lui dit-on dans l’hôpital. Personne ne s’occupe de son fils, qui est victime d’une deuxième crise encore plus violente vers 4h du matin. Les médecins ne veulent toujours rien entendre. Vers 7h30, un chirurgien constate que Farès ne va pas bien. 16 heures après son arrivée, un diagnostic est posé, mais Farès n’est pas immédiatement descendu au bloc. Sa mère s’apprête à lui donner une douche préopératoire lorsqu’il fait un malaise. Suite à de nouvelles complications, Farès décède 20 heures après son admission à l’hôpital sans avoir été opéré. La famille Hedjal a porté plainte. Une nouvelle direction doit prendre la tête de l’hôpital dans les prochaines semaines.

Dans le même service, tojours en 2018, France 2 a découvert un second décès, lié à une pathologie différente. La famille du petit Merkis n’a pas souhaité témoigner. Le rapport d’expertise rédigé pour l’assurance de l’hôpital engage clairement la responsabilité de l’établissement de santé.

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