Boris Johnson promet de ne pas augmenter les impôts sur le revenu



Pas de baisse d’impôt, mais pas de hausse non plus. C’est en substance la promesse qu’a voulu adresser aux Britanniques Boris Johnson, en dévoilant dimanche son programme de mesures en vue des législatives anticipées du 12 décembre. Là où 
l’opposition travailliste promettait,

trois jours plus tôt, d’augmenter les dépenses publiques de 83 milliards de livres par an entièrement grâce à l’impôt, le Premier ministre conservateur s’est contenté de faire miroiter aux électeurs un accroissement des dépenses de 2,9 milliards par an. Et il s’est engagé à laisser inchangés les taux de l’impôt sur le revenu, de la TVA et des cotisations sociales, en relevant au passage le seuil de revenus à partir duquel ces dernières sont dues.

Cela suffira-t-il à faire voter « tory » les Britanniques qui, après neuf ans de gouvernements conservateurs, veulent mettre un terme à leur politique d’austérité ? Boris Johnson parie que oui. Opposant son plan « sensé » au « socialisme rétrograde » proposé par le Labour, il a raillé le leader travailliste, Jeremy Corbyn. « Chaque gouvernement Labour se finit par une crise économique. La différence avec Jeremy Corbyn […], c’est qu’il propose de commencer par une crise », a-t-il plaisanté. « Soyons neutre en carbone d’ici à 2050 et neutre en Corbyn d’ici Noël », avait-il dit quelques minutes plus tôt.

50.000 infirmières en plus

Tant pis pour les plus riches, auxquels il avait promis de relever les seuils de la dernière tranche de l’impôt sur le revenu avant d’abandonner cette promesse, absente du « manifeste » conservateur publié dimanche. « Il est juste de focaliser les baisses d’impôts sur les gens qui en ont le plus besoin », a-t-il plaidé devant la presse, dimanche à Telford, dans le centre de l’Angleterre.

Il a néanmoins promis 50.000 infirmières (pour un coût chiffré à 750 millions) et 6.000 docteurs en plus pour le « NHS », le sacro-saint système de santé britannique. Il s’est aussi engagé à introduire un « visa NHS » pour recruter à l’étranger en remplacement des personnels soignants européens qui quitteraient leur poste en raison du Brexit.

Sondages favorables

Le Premier ministre a promis de revenir dès décembre devant la Chambre des communes pour lui soumettre le projet de loi de retrait traduisant en droit britannique son accord de divorce avec Bruxelles. « Alors que les familles se préparent à découper leurs dindes de Noël, je veux qu’elles profitent de la période des fêtes l’esprit libéré du drame apparemment sans fin du Brexit », a-t-il déclaré. Les députés fraîchement élus siégeront de nouveau le 17 décembre, ce qui laisse néanmoins peu de temps pour régler le dossier avant Noël.

Affichant toujours sa détermination, Boris Johnson a de nouveau martelé que le pays sortirait de l’Union européenne fin janvier. Et son manifeste exclut toute extension de la période de transition au-delà de décembre 2020, au risque de donner très peu de temps aux deux blocs pour négocier d’ici là un accord commercial afin d’encadrer leur relation future.

Les premiers sondages traduisant les intentions de votes en nombres de sièges ont de quoi donner le sourire au leader conservateur. Une analyse de Datapraxis s’appuyant sur les sondages YouGov et publiée ce week-end par le « 
Sunday Times

 » le crédite d’une majorité de 48 sièges, à 349 sièges contre 213 pour le Labour, 49 pour le Scottish National Party et 14 pour les Libéraux démocrates. Un tel écart, s’il se confirmait, lui permettrait de régler le dossier du Brexit puis de dérouler son agenda politique en gouvernant sans avoir besoin de l’appui du DUP, le parti unioniste nord-irlandais qui donnait jusqu’à récemment aux conservateurs leur majorité à la Chambre des communes.



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