Clemenceau et l’art de la vacherie


« Mourir, est-ce changer de geôle, ou s’évader ? J’ai vécu de bruit, et voici que j’entends les pas étouffés du silence. Avant de me taire, quelles paroles pour conclure ? Sagesse ou folie de m’exprimer ? Parler avant de comprendre, n’est-ce pas trop souvent le sort commun ? Trop tôt ou trop tard, sera-ce mon alternative, à l’heure où le temps même du regret va m’être retiré ? » (« Au soir de la pensée », éd. Plon, 1927).


Après trois jours d’agonie, saisi d’une crise d’urémie, l’homme d’État Georges Clemenceau est mort il y a quatre-vingt-dix ans, le 24 novembre 1929 à Paris, à l’âge de 88 ans (il est né le 27 septembre 1841) : « Pour mes obsèques, je ne veux que le strict minimum, c’est-à-dire moi. ». Au-delà d’être un homme politique d’une très grande longévité (de la Commune, il était le maire de Montmartre, à la fin de la Première Guerre mondiale, il a présidé la Conférence de paix de Paris), ayant survécu aux remous du scandale de Panama et en première ligne dans l’Affaire Dreyfus, Clemenceau fut avant tout le Tigre, le Père la Victoire, celui qui, contre tous les défaitismes, a voulu vaincre et a vaincu pendant la Première Guerre mondiale.

À ce titre, il est l’un des principaux héros républicains de la France contemporaine, avec De Gaulle, bien sûr, dont le parallèle historique avec la Seconde Guerre mondiale et sa volonté de ne pas renoncer à combattre est frappant.

De Gaulle s’est adressé à Clemenceau depuis Londres le 11 novembre 1941 : « Au fond de votre tombe vendéenne, aujourd’hui 11 novembre, Clemenceau, vous ne dormez pas. Certainement la vieille terre de France qui vous enterre pour toujours a tressailli avec colère tandis que le pas insolent de l’ennemi et la marche feutrée des traîtres foulaient le sol de la patrie. ». De Gaulle s’est ensuite recueilli devant sa tombe à Mouchamps, en Vendée, le 12 mai 1946, pour lui faire partager la Victoire : « Son exemple et celui des anciens qu’il a naguère guidés jusqu’au salut, pour combien auront-ils compté dans ce qui vient, une fois encore, d’être fait pour sauver la patrie. (…) Président Clemenceau ! Tandis que l’ennemi écrasait la patrie, nous avions fait le serment d’être fidèle à votre exemple. C’est à l’histoire de dire si le serment fut tenu. ».

D’autres Présidents de la République ou chefs du gouvernement sont allés se recueillir devant la tombe de Clemenceau : Vincent Auriol le 9 novembre 1951, Édouard Herriot en 1955 (il n’était plus chef du gouvernement), François Mitterrand le 11 novembre 1987, Manuel Valls le 25 novembre 2013 et Emmanuel Macron le 13 juin 2018.

Clemenceau fut aussi un héros républicain, tout comme Léon Gambetta, celui qui a proclamé la Troisième République le 4 septembre 1870, tout comme Adolphe Thiers, le premier vrai Président de la République française, qui a su négocier au mieux avec Bismarck en 1871 (il n’y a pas eu capitulation mais paix négociée), et l’on pourrait rajouter, comme Pierre Mendès France qui a su conclure la paix en Indochine (pas en Algérie, en revanche, mais c’était un autre problème). Mais au-delà de la République, Clemenceau a déjà sa place aux côtés de De Gaulle (toujours) mais aussi Napoléon Ier, Louis XIV, Henri IV, François Ier, Charlemagne, etc.

Dans son livre « Clemenceau au fil des jours » (2014, éd. Sud Ouest), le journaliste Christophe Soulard a écrit : « Clemenceau a marqué l’histoire de France au même titre que d’autres figures politiques qui ont joué un rôle déterminant : Charlemagne, saint Louis, Jeanne d’Arc, Louis XI, le chevalier Bayard, Richelieu, Louis VI, Napoléon, ou encore Charles De Gaulle. Mais il n’est, à tort ou à raison, qu’un second couteau. Qui, parmi les 66 millions de Français, se souvient aujourd’hui de son action, de ses idées ? Quelques rares historiens ? Qui s’en réclame aujourd’hui ? À vrai dire, peu d’hommes politiques. Même De Gaulle et Mitterrand commencent à s’effacer de la mémoire des jeunes générations. L’héritage politique a disparu, comme évaporé au rythme des nombreuses réformes constitutionnelles et législatives qui ont cadencé l’histoire de France depuis la mort de Clemenceau. Il subsiste l’héritage historique qui s’est matérialisé à travers les innombrables noms de rues, de lycées, de boulevards, de places, d’avenues. Une station de métro à Paris lui rend également hommage à quelques mètres de sa statue. ».

Cette affirmation d’un oubli politique me paraît un peu exagérée et même plutôt péremptoire, et la preuve, c’est que deux leaders majeurs de ce qu’on pourrait appeler le « centre gauche progressiste », se sont justement et récemment identifiés à l’action de Clemenceau : Manuel Valls et Emmanuel Macron, et ce n’est pas un hasard en ces temps incertains sur fond d’insécurité et de peurs identitaires.

Comme beaucoup de républicains célèbres, Clemenceau n’a pas été au pouvoir très longtemps : il a dirigé le gouvernement français du 25 octobre 1906 au 20 juillet 1909 et du 16 novembre 1917 au 18 janvier 1920. Après son échec à la réunion préparatoire à l’élection présidentielle pour la succession de Raymond Poincaré (j’y reviendrai), il a démissionné de la Présidence du Conseil et s’est retiré de la vie politique (son fils Michel, né le 24 novembre 1874, le même jour de l’année que la mort du père, et mort le 4 mars 1964, s’est lui-même présenté à l’élection présidentielle du 16 janvier 1947). Lorsqu’il a déposé les armes de la politique, Georges Clemenceau avait alors 78 ans et il avait bien mérité, certes de la patrie, mais aussi de se reposer. C’était d’ailleurs l’âge de De Gaulle lorsque peuple souverain l’a renvoyé à Colombey-les-deux-Églises pour s’y retirer.

La « fin de vie » de Clemenceau a donc duré plus de neuf ans. L’expression « fin de vie », que j’utilise à dessein pour dire « fin de vie politique », est toutefois mal employée ici puisqu’il s’agit de sa retraite, et au contraire des « vraies » fins de vie, selon la signification d’aujourd’hui, elle fut longue et surtout heureuse, au point même d’y trouver un nouvel amour ! Il rencontra effectivement Marguerite Baldensperger, 42 ans, dont la fille s’était suicidée par amour pour un pasteur déjà marié, et il lui proposa : « Je vous aiderai à vivre et vous m’aiderez à mourir, voilà notre pacte. ». Ce qui valut la rédaction de 668 lettres très intéressantes et qui peuvent se lire comme un journal (publiées en 1970).

Clemenceau a acheté un véhicule Citroën pour aller régulièrement au bord de la mer en Vendée, et surtout, il n’a pas cessé de voyager (en Égypte, au Soudan, à Ceylan, en Indonésie, en Birmanie, en Inde, aux États-Unis, etc. ; il a chassé l’antilope, l’hippopotame, le tigre, le caïman, etc.), et de se cultiver, notamment en s’initiant aux sciences et à l’art (Claude Monet était l’un de ses grands amis, qui lui fit un portrait célèbre, et était de la même génération, né le 14 novembre 1940 et mort le 5 décembre 1926). Sans oublier qu’il travaillait tous les jours, il écrivait dès l’aube.

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Éditorialiste politique à la plume et à la langue acérées, Clemenceau était un aussi bon observateur qu’il était un acteur passionné de la vie politique. Ainsi, il n’hésitait pas à lâcher une ou deux vacheries à ses compères politiques, même ses « amis » politiques, pour se faire plaisir. Non seulement il a exprimé de nombreuses vacheries en situation (il avait un très grand esprit de réplique), mais aussi dans ses réflexions avec recul sur ses contemporains.

Pour en donner quelques illustrations, on peut citer quelques-unes de ses vacheries (ad hominem) que propose l’excellent et succulent Petit dictionnaire des injures politiques dirigé par Bruno Fuligni. On se rendra vite compte que les pires vacheries ont été proférées à l’époque de l’Affaire Dreyfus contre tous les antidreyfusards, les neutres, et ceux qui étaient aux responsabilités et n’ont pas (beaucoup) cherché la vérité. Selon l’ordre alphabétique…

Sur Maurice Barrès : « Barrès n’avait rien dans la tête… mais rien ! ce qui s’appelle rien ! que quelques clichés : Venise, Tolède… et ce qu’il y a de plus admirable, c’est qu’il l’avoue, tout naïvement. Il ne lisait aucun livre. (…) Il est de ces gens qui, pendant les deux premiers tiers de leur vie, cherchent une idée et qui, une fois l’idée trouvée, s’y cramponnent, s’y incrustent. Un beau jour, il a découvert la Lorraine… en passant par là probablement, avec ses sabots… et alors la pauvre Lorraine est devenue la propriété de Barrès (…). Ce grand nigaud de Déroulède lui avait passé ça comme une suite d’affaires. Il n’y comprenait rien, naturellement… il n’a jamais compris ce qu’était la Lorraine et ce qu’étaient les Lorrains (…). Toute ma vie, j’ai été attaqué par des gens comme ça, qui ne se donnait pas la peine ni de regarder, ni de réfléchir (…) ça n’est pas que ce soit dangereux… Mais on perd un temps ! » (26 février 1928). [Clemenceau était originaire de Vendée et des Vosges].

Sur Léon Blum : « C’est un bien curieux phénomène. Il me fait penser à ces religions d’Isis ou de Mithra qui pénétraient et désagrégeaient peu à peu la société romaine… » (26 février 1928).

Sur le général Georges Boulanger : « Ci-gît Boulanger, qui mourut comme il vécut : en sous-lieutenant. » (30 septembre 1891).

Sur Léon Bourgeois : « Bourgeois a le cerveau d’un chef et le cœur d’un suivant. » (20 novembre 1898).

Sur Aristide Briand : « Que voulez-vous que je foute entre Caillaux qui se prend pour Napoléon et Briand qui se prend pour Jésus-Christ ? » (12 mai 1909). Aussi : « On n’attelle pas un pur-sang avec une grenouille ! » [pour expliquer pourquoi il a refusé de le nommer dans son gouvernement en 1918]. Encore : « Même avec un pied dans la tombe, il m’en restera un pour botter les fesses de ce voyou. ».

Sur Henri Brisson : « Grâce à la lâcheté de monsieur Brisson, nous avons un retour offensif des faussaires. Est-ce lâcheté qu’il faut dire, ou imbécillité ? Les deux qualités ne sont pas contradictoires. (…) Brisson qui nous mène, en se lamentant sur sa destinée, aux catastrophes dernières, qu’en dire de celui-là ? Plus bête que lâche, ou plus lâche que bête ? Les deux. » (22 septembre 1898).

Sur Joseph Caillaux : « Caillaux, lui, est une espèce de héros sombre, néfaste, comme il y en a dans les drames shakespeariens. Il ne faut pas les mépriser, car ils apportent en ce monde, où tout est usé, frotté, poli, ils apportent du pittoresque… Mais pour plus de sûreté, il faut les retirer de la circulation. Tenez ! je serais curieux d’avoir là-dessus l’avis du roi d’Afghanistan. Je voudrais savoir comment ces choses-là se passent chez les Afghans. Je pense que, là-bas, les Caillaux sont pendus par les pieds. » (29 janvier 1928).

Sur Sadi Carnot : « Il n’est pas bien fort mais il porte un nom républicain…. À défaut de mieux. » [pour faire élire un nouveau Président de la République].

Sur Théophile Delcassé : « Delcassé, c’est un Poincaré bête. » (1913). Aussi : « Delcassé ? Un lilliputien halluciné. ».

Sur Paul Déroulède : « L’idée de Déroulède, si j’ose accoupler ces deux mots, est extraordinairement simple : l’armée, pour lui, c’est la France. » (2 mars 1899). [En pleine Affaire Dreyfus, Déroulède a tenté de faire un coup d’État].

Sur Gaston Doumergue : « Avec son monocle et ses souliers vernis, il est charmant ! On croirait qu’il joue aux « Variétés », qu’il vient saluer à la chute du rideau. C’est quelqu’un ! Quand il est entré à l’Élysée, il a trouvé les meubles très agréables, il a cru qu’il se plairait. Puis, le lendemain, un huissier l’a vu bâiller dans un fauteuil. « Est-ce que monsieur le Président ne digérerait pas ? a dit cet homme inquiet. – Si, si ! a dit Doumergue. Seulement… je n’ai rien à faire… ». Rien à faire ! Et il est à la tête de la France ! ».

Sur Antonin Dubost. Ancien ministre et sénateur radical de l’Isère, Antonin Dubost, candidat à l’élection présidentielle de 1913, est venu pleurnicher auprès de lui dans un couloir, dépité : « Vous avez une drôle de façon de me soutenir. Vous dites à tout le monde que je ne suis qu’un imbécile. Je ne suis cependant pas plus bête qu’un autre. ». Et Clemenceau lui répondit : « Où est l’autre ? » en regardant à sa droite et à sa gauche.

Sur Charles Dupuy : « Dupuy, c’est le machiavélisme bourgeois tombé des hauteurs de l’art dans la bourbe de la politicaille. » (3 avril 1899).

Sur Félix Faure : « Son inintelligence naturelle, aggravée par la terreur de certaines révélations dont on le menaçait du côté de la Boulange antisémite, lui fit trouver la chose toute simple. Seulement, comme tout sentiment de droiture lui est étranger, comme le ridicule mélange de snobisme et de fausse bonhomie qui le caractérise est d’un fourbe assez bas, il laissa croire à ses propres ministres qu’il demeurait neutre et se contenta de soutenir sous main les mensonges d’un Billot. » (17 septembre 1898). Clemenceau lui en voulait beaucoup à cause de l’Affaire Dreyfus : « Félix Faure vient de mourir. Cela ne fait pas un homme de moins en France. » (17 février 1899). Aussi : « Seulement sa vanité monstrueuse avait fait de lui le jouet de tous les flagorneurs qui, flattant sa mégalomanie, le livraient pieds et poings liés aux préparateurs du coup de force dont on se disputait, sous son nez, les bénéfices. Ainsi, l’Élysée devint le point d’appui légal de la conspiration clérico-militaire. Conspirateurs et sous-conspirateurs avaient là un centre d’opérations inviolable. » (20 février 1899). Encore : « Une simple artère athéromateuse, cassée dans un paroxysme qui n’avait rien de protocolaire, nous enleva ce merveilleux grotesque, quasi couronné. Nous ne retrouverons plus, d’ici à bien longtemps, un si riche élément de joie. » (1901). [Clemenceau était un médecin].

Sur Jules Ferry : « J’ai compris que Ferry était incapable de réaliser la République. (…) ça n’était pas un malhonnête homme. Mais du point de vue de l’intelligence, c’était un homme au-dessous du médiocre, pas fichu de rien faire, pas fichu de dire deux mots. Ces gens-là, habituellement, ont au moins la parole ; ils n’expriment peut-être que du vent, mais ils l’expriment. Lui, quand vous alliez le voir, il vous regardait avec des yeux vides, faisait de petites plaisanteries bourgeoises, et c’était tout. Et si on en avait fait un Président du Conseil, c’est précisément parce qu’il n’était bon à rien. » (1929). Aussi, adressé à Jules Ferry dans l’hémicycle : « Ce ne sont pas des ministres que j’ai devant moi, ce sont des accusés de haute trahison sur lesquels, s’il subsiste encore en France un principe de responsabilité et de justice, la main de la loi ne tardera pas à s’abattre. » (30 mars 1885).

Sur Charles de Freycinet : « Nul autre ministre de la guerre, sous quelque régime que ce fût, n’eût accepté ce qu’il tolère, car c’est tout simplement l’anarchie dans l’armée, et le prodrome de cette intervention des soldats dans le gouvernement civil dont l’enseignement, du Deux Décembre à Sedan, n’est peut-être pas encore oublié par tout le monde. » (20 décembre 1898). Aussi : « Monsieur de Freycinet n’est point fou. Il sait ce qu’il fait quand il conduit une bande de factieux à l’assaut de la société civile, gardienne de la justice et des lois. Ce qui m’étonne de lui, c’est qu’il puisse croire qu’ayant eu l’honneur de l’entreprise, on lui en laissera les profits. Vieillirait-il ? Je croyais sa faiblesse plus avisée. » (2 février 1899). Encore : « Sauf la sincérité, monsieur de Freycinet a tous les dons. Il nous présente ainsi le tableau complet de tout ce que l’art peut faire en dehors de la vérité, et c’est un spectacle réconfortant de voir qu’une si rare industrie n’aboutit, après trente ans d’efforts, qu’au néant. » (23 mars 1899). Également : « Freycinet aura servi les tortureurs de Dreyfus et de Picquart, aura toléré l’impunité de tous les menteurs et de tous les faussaires, aura, de ses propres mains, fabriqué le tribunal destiné à innocenter le crime et à écraser l’innocence, tout cela sans autre profit pour lui-même que de se montrer publiquement le chef de la bande ennemie de la justice et des lois. » (30 mars 1899).

Sur Léon Gambetta : « Soit, Gambetta a maté la jument ; maintenant, qu’il la saillisse : on verra ce qu’il a dans le ventre. » (1906).

Sur Édouard Herriot : « Herriot, bonne pipe, bon ventre, bon œil… Bonne bouse de vache ! » (1929).

Sur Jean Jaurès : « C’était un homme dans lequel il y avait quelque chose de méchant. Des dons extraordinaires (…), mais sans grandeur, sans générosité… sans humanité… Oui, sans humanité. C’est d’ailleurs probablement pour cette raison qu’il a appelé son journal comme ça. Derrière l’humanité et l’humanitarisme de Jaurès, il y avait toujours quelque chose d’hostile et de menaçant. (…) Il n’avait rien de ce que confère l’amour vrai de l’humanité : ni le sourire, ni l’indulgence, ni cette espèce de doute, de scepticisme, rien. L’humanité était, pour Jaurès, le nombre, la foule, la force. (…) Oui, méchant. Méchant et dangereux. Si nous l’avions eu pendant la guerre, nous étions perdus. » (1929). Aussi : « Je ne songe jamais sans un frisson à la première, toute première cause de la victoire… (…) Le meurtre de Jaurès ! Si Jaurès n’avait pas été tué, je serais peut-être arrivé au pouvoir ; mais ce dont je suis sûr, c’est que je n’y serais pas resté ! (…) En une séance, il m’aurait renversé ! Voilà de quoi, mes amis, dépend le sort d’une nation : d’un assassin… » (1929).

À Louis Malvy, au Sénat : « Je vous reproche d’avoir trahi l’intérêt de la France. » (22 juillet 1917).

Sur Georges Mandel : « Ne dites pas de mal de ce phénomène. Mandel n’a pas d’idées mais il les défendrait jusqu’à la mort. » (1929).

Sur Alexandre Millerand : « Millerand ? Bravo ! C’est un cœur d’acier ! N’oubliez jamais son histoire. Il est Président de la Chose publique. Il ouvre son journal, lit dedans qu’il faut partir : il part ! » (1929).

Sur Albert de Mun : « Celui-là est logique, c’est un tueur. Qu’on l’empêche de tuer si l’on peut. Mais il n’y a rien à lui dire. » (20 décembre 1898).

Sur Paul Painlevé : « L’impondérable monsieur Painlevé se croit chef du gouvernement parce que monsieur Poincaré le lui a dit. » (26 octobre 1917).

Sur Jules Pams : « Pams, ce n’est pas un nom : c’est un bruit. ».

Sur Raymond Poincaré : « Il imite à la perfection le vivant. » (6 août 1917).

Sur Ferdinand Sarrien : « Ca ? Rien ! ». [Clemenceau lui a rapidement succédé à la tête du gouvernement en 1906]. À propos de l’Affaire Dreyfus : « Recherche-t-il la vérité, après s’être donné tant de mal pour l’ensevelir au fond de l’abîme, comme ce roi qui jetait une perle à la mer et promettait des trésors à qui l’irait chercher ? Tout est possible. Comme homme d’État, il organise l’illégalité, l’injustice, le mensonge : c’est sa manière de comprendre le devoir envers la patrie. » (24 août 1898).

Sur Adolphe Thiers : « J’ai pour monsieur Thiers une exécration profonde et qu’il me rendait bien, d’ailleurs. » (2 octobre 1927). Aussi : « Thiers était le type de bourgeois borné et féroce, qui s’enfonce dans le sang, sans broncher. » (1929). Encore : « Thiers était un homme qui, résolument, n’avait aucune idée, qui n’avait littéralement d’ouverture sur rien (…). Il était de ces idiots bornés qui se figurent qu’avec un ordre sur un bout de papier, on vient à bout de tout. » (1929).

Je termine sur une autre vacherie sur Raymond Poincaré, en guise d’épilogue : « Cet homme-là était fait pour fabriquer des dictionnaires. Il a le lyrisme du Larousse. Promettez-moi qu’il n’y aura pas sur ma tombe un discours de Poincaré ; ce serait vraiment mourir deux fois. » (5 avril 1929). [Poincaré était Président du Conseil quand il a prononcé ces phrases].

Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (20 novembre 2019)
http://www.rakotoarison.eu

Pour aller plus loin :
Clemenceau et l’art de la vacherie.
La paix, cent ans plus tard.
La figure de Clemenceau au cinéma : « Le Président » d’Henri Verneuil, avec Jean Gabin.
Georges Clemenceau en 1917.
Georges Clemenceau en 1906.
Georges Mandel.
Le Traité de Versailles.
Le maréchal Ferdinand Foch.
Léon Gambetta en 1870.
Victor Hugo.
Charles Péguy.
Jean Jaurès.
Paul Painlevé.
Mata Hari.
Adolphe Thiers.

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