Les sorties du 20 novembre 2019


Les Enfants d’Isadora © Shellac Distribution Tous droits réservés

Libérées, délivrées, les salles de cinéma françaises ne le sont pas tellement cette semaine, puisque elles seront largement remplies d’un public familial qui n’en a pas encore assez des aventures d’Anna et Elsa, six ans après le premier La Reine des neiges. Il y a pourtant bon nombre de films à l’affiche dès ce mercredi, qui sont moins tributaires de motivations mercantiles, grâce auxquels vous pourriez échapper à l’avalanche du Disney de Noël, un peu précoce cette année. Comme par exemple un premier film qui a déclenché une véritable onde de choc au dernier Festival de Cannes, d’où il est reparti avec le Prix du jury : Les Misérables de Ladj Ly ou le film qui vous mettra parfaitement dans un état d’esprit de guérilla urbaine, à quelques jours seulement d’un mois de décembre qui s’annonce explosif en termes de grogne sociale. Beaucoup plus apaisé, Les Enfants d’Isadora de Damien Manivel explore de façon détournée l’héritage de la célèbre danseuse Isadora Duncan. Enfin, le troisième coup de cœur de la semaine de notre part serait un autre constat très sombre sur le monde dans lequel nous vivons, Terminal Sud de Rabah Ameur-Zaimeche dans lequel nous plongeons aux côtés de Ramzy Bedia dans l’un de ses très rares rôles sans touche comique dans les années noires en Algérie à la fin du siècle dernier.

Temporada © Vitrine Filmes / ASC Distribution Tous droits réservés

Notre cher confrère Jean-Jacques a apparemment aussi bien aimé certains films qu’il a pu voir en avance et qui complémentent notre trio de choix personnels par le sien. A commencer par le conte social brésilien Temporada de André Novais Oliveira, qui l’a agréablement dépaysé, suivi par l’incursion dans le monde des sectes religieuses en France dans Les Éblouis de Sarah Suco, pour finir sur un documentaire entièrement dans l’ère du temps d’une prise de conscience environnementale – a priori arrivée trop tard – dans Anthropocène L’Époque humaine et ses décors naturels pollués par l’homme et néanmoins d’une beauté à couper le souffle. Deux films d’horreur assez loin des règles de la frayeur si mollement recyclées par le cinéma hollywoodien en ce moment pourraient vous terrifier pendant ces nuits d’automne qui s’allongent, avec Knives and Skin de Jennifer Reeder issu du cinéma américain indépendant et le britannique In Fabric de Peter Strickland, hélas plutôt inégal, qu’on avait pu découvrir au dernier Festival des Arcs.

L’Incinérateur de cadavres © Malavida Tous droits réservés

« Va vers l’est, la vie est bizarre là-bas », c’est ainsi que l’on pourrait résumer ce que le cinéma de répertoire a de mieux à offrir cette semaine. En plus d’une rétrospective en trois longs-métrages et deux courts tournés au fil des premières années de l’illustre carrière du réalisateur tchèque Milos Forman, disparu au mois d’avril de l’année dernière, vous pourriez en effet vous laisser dérouter par le magnifique objet cinématographique inclassable qu’est L’Incinérateur de cadavres de Juraj Herz, à peu de temps près issu de la même époque esthétiquement fertile de la fin des années 1960. A moins que vous soyez en manque de films de genre typiquement italiens, puisque Miracle à Milan de Vittorio De Sica et Chronique d’un homicide de Mauro Bolognini sont les représentants fièrement transalpins des genres très en vogue au milieu du 20ème siècle du conte populaire et du thriller engagé.


Anthropocène L’Époque humaine de Jennifer Baichwal, Nicholas De Pencier et Edward Burtynsky (Canada, Documentaire, 1h27) (critique)

Les Éblouis de Sarah Suco (France, Drame religieux, 1h39, distribué sur 146 copies) avec Camille Cottin, Jean-Pierre Darroussin et Eric Caravaca (critique)

Les Enfants d’Isadora de Damien Manivel (France, Drame, 1h24) avec Agathe Bonitzer, Elsa Wolliaston et Manon Carpentier

In Fabric de Peter Strickland (Royaume-Uni, Horreur, 1h58) avec Marianne Jean-Baptiste, Gwendoline Christie et Fatma Mohamed (critique)

Joyeuse retraite ! de Fabrice Bracq (France, Comédie, 1h37, distribué sur 464 copies) avec Michèle Laroque, Thierry Lhermitte et Nicole Ferroni

Knives and Skin de Jennifer Reeder (États-Unis, Drame, 1h52, distribué sur 35 copies) avec Kate Arrington, Marika Engelhardt et Tim Hopper

Les Misérables de Ladj Ly (France, Drame, 1h43) avec Damien Bonnard, Alexis Manenti et Djibril Zonga

Nouvelle cordée de Marie-Monique Robin (France, Documentaire, 1h54, distribué sur 30 copies)

Quand les filles flirtent avec les dieux de Damien Faure (France, Documentaire, 1h35, distribué sur 1 copie)

La Reine des neiges II de Chris Buck et Jennifer Lee (États-Unis, Animation, 1h43)

Temporada de André Novais Oliveira (Brésil, Drame, 1h52) avec Grace Passo, Russo Apr et Rejane Faria (critique)

Terminal Sud de Rabah Ameur-Zaimeche (Algérie, Drame, 1h30) avec Ramzy Bedia, Amel Brahim-Djelloul et Slimane Dazi

Vivre et chanter de Johnny Ma (Chine, Drame, 1h39) avec Zhao Xiaoli, Gan Guidan et Yan Xihu

Reprises

Chronique d’un homicide (1972) de Mauro Bolognini (Italie, Drame, 1h39) avec Martin Balsam, Massimo Ranieri et Valentina Cortese

L’Incinérateur de cadavres (1969) de Juraj Herz (Tchécoslovaquie, Horreur, 1h36) avec Rudolf Hrusinsky, Vlasta Chramostova et Jana Stehnova

Miracle à Milan (1950) de Vittorio De Sica (Italie, Comédie, 1h36) avec Emma Gramatica, Francesco Golisano et Paolo Stoppa

Milos Forman Quatre œuvres de jeunesse (1963-67) de Milos Forman (Tchécoslovaquie) : L’Audition, L’As de pique, Les Amours d’une blonde et Au feu les pompiers !



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