L’électricité plus chère faute d’accès au nucléaire



Les prix de l’électricité devraient à nouveau augmenter l’an prochain en France. La période pendant laquelle les concurrents d’EDF peuvent demander d’avoir accès à l’électricité d’origine nucléaire, à un prix fixe de 42 euros le mégawattheure (contre environ 48 euros sur le marché non régulé) s’est achevée ce jeudi. Or la probabilité est grande que leurs demandes aient largement excédé la limite des volumes prévus par la loi.

De fait, les fournisseurs alternatifs ont encore gagné des parts de marché depuis novembre 2018, lorsqu’ils avaient,
pour la première fois

, dépassé le plafond de l’Arenh. Ils devraient donc en demander encore plus cette année, ayant tout intérêt à privilégier cette source d’approvisionnement. Tout le monde ne pourra donc pas être satisfait. Ce qui implique que le régulateur de l’énergie devra rationner l’électricité attribuée à chacun de ces fournisseurs, en fonction de leur part de marché.

Hausse générale

Obligés de s’approvisionner sur le marché de l’électricité, où les prix sont plus élevés, les concurrents d’EDF verront leurs coûts augmenter. Ce qui entraînera une hausse des prix de l’électricité pour leurs clients… mais aussi pour ceux de l’opérateur historique.

Car la Commission de régulation de l’énergie (CRE) devra en tenir compte dans son calcul des tarifs réglementés de l’électricité, tenue qu’elle est d’assurer des conditions justes de concurrence. L’année dernière,
ces tarifsavaient augmenté

de 6 %. Une décision lourde de conséquences en pleine crise des gilets jaunes.

Jeu concours

Cette année, les prix sur le marché de l’électricité se sont un peu détendus. La hausse des tarifs réglementés sera donc moins sensible. Mais les concurrents d’EDF devraient, en revanche, demander des volumes encore plus importants. Opéra Energie, un cabinet de conseil spécialisé dans les contrats de fourniture d’énergie, a organisé un jeu concours pour deviner quel sera le volume total des demandes d’Arenh. 200 experts environ y ont participé, qui parient sur un volume total de l’ordre de 150 térawattheures. Le résultat des courses sera connu ces prochains jours.

Par ricochet, les tarifs réglementés de l’électricité pourraient augmenter de 3 % environ, calcule Frank Roubanovitch, de l’association Cleee représentant les grands consommateurs industriels et tertiaires. Un résultat qui pourrait paradoxalement profiter aux fournisseurs alternatifs, en leur donnant des arguments de vente face à EDF.

Une situation intenable

Une hausse de 3 % peut paraître limitée. Mais la situation pourrait se corser les années prochaines, si la Commission européenne et l’Etat français 
ne s’entendent

sur une réforme de l’Arenh. « RTE 
a annoncé [ce mercredi]

que les hivers 2022-2023 seraient tendus. Cela aura un impact direct sur les marchés, estime Frank Roubanovitch. Si l’an prochain le marché remonte au niveau de l’année dernière, et que la situation de pénurie s’accentue encore, l’impact sur les tarifs réglementés pourrait être énorme ».



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