Influencés par les anciens des Rockets, les Wolves s’ouvrent aux statistiques avancées


Si Tom Thibodeau a voulu peindre en rouge les Wolves avec le rapatriement d’une grosse partie de ses anciens Bulls, Ryan Saunders a changé de modèle. La franchise s’inspire désormais plus des Rockets que des Bulls. Une révolution est en marche du côté de Minnesota, avec une importance nouvelle donnée aux statistiques avancées.

Le président Gersson Rosas a passé 17 saisons à Houston et il a nommé au poste de vice-président Sachin Gupta, lui aussi un ancien de la franchise texane et un spécialiste des statistiques avancées, diplômé du MIT en informatique, également inventeur notamment de la fameuse « NBA Trade Machine » à ESPN. L’attaque utilisée sous Tom Thibodeau n’était pas inefficace mais elle manquait de modernité, et ne collait pas vraiment à l’évolution de la ligue.

Anticiper les rebonds pour les shoots dans les coins

Il fallait donc la dépoussiérer et plonger dans les statistiques les plus précises pour l’améliorer. Premier exemple : les rebonds sur les 3-pts pris dans les coins. Comme ses tirs sont de plus en plus présents dans le jeu NBA, Ryan Saunders et son staff ont observé que les zones des rebonds étaient très prévisibles. Ainsi, les Wolves, en les sachant, auraient un avantage sur leurs adversaires. Une démonstration effectuée durant l’été va suffire pour convaincre les joueurs. « Ils pensaient que c’était truqué », se souvient Gersson Rosas. « En une journée, on s’est tous regardé, et on s’est dit que ça fonctionnait. »

Tellement bien que les Wolves assurent le rebond défensif dans 90% des cas cette saison, lorsqu’un shoot à 3-pts est tenté dans le coin. Jamais une équipe, d’après les statistiques mesurées depuis la saison 2000-2001, n’a affiché une telle efficacité. Et ça marche aussi naturellement en attaque, puisque les joueurs sont également très performants pour prendre des rebonds offensifs sur leurs propres shoots manqués, dans le corner.

On ne s’étonnera donc pas de voir les Wolves être la cinquième meilleure équipe de la ligue au rebond (47.5 par match), là où ils n’étaient que 19e la saison passée…

Chasser les shoots à mi-distance pour mettre en avant les 3-pts

Autre chantier pour le président : la sélection des shoots. Rompu à cet exercice avec Daryl Morey à Houston, pour éliminer le shoot à mi-distance, jugé inefficace, et mettre la priorité sur les shoots à 3-pts et près du cercle, Gersson Rosas était servi à Minnesota. Au moment du départ de Tom Thibodeau, les joueurs des Wolves étaient dans le « Top 10 » des plus gros consommateurs de tirs à mi-distance et dans les « Bottom 10 » des pires équipes pour les 3-pts. Environ un tiers des shoots pour chaque catégorie.

Des autocollants ont été placés sur le terrain d’entraînement pour cibler les zones les plus efficaces. Un autocollant vert et c’est une bonne position, un rouge et il faut éviter de shooter ici. Simple et visuel.

« Ce n’est pas qu’on ne veut pas shooter à mi-distance », rappelle Gersson Rosas. « Mais on veut privilégier les shoots à haute efficacité. Il faut qu’on prenne les bons tirs. » Là aussi, ce n’est donc pas une surprise de voir les Wolves ne tenter aucun tir à mi-distance en première mi-temps face aux Wizards récemment.

Le fond est bien installé, mais la forme peine encore à se montrer. En effet, en changeant aussi radicalement de style, Minnesota est désormais la troisième pire équipe de la ligue à 3-pts avec un faible 31% de réussite. On se souvient notamment du terrible 6/45 contre Denver. Mais le plus important reste qu’avec 8 victoires en 15 matches, les Wolves sont dans le bon wagon pour le moment.



A lire aussi

Laisser un commentaire