Agnès Buzyn dit-elle vrai sur l’alcool au volant et les réflexes des conducteurs ?


Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, invitée de franceinfo jeudi 21 novembre 2019. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Alors que Didier Guillaume a évoqué la tolérance zéro en matière d’alcool au volant, Agnès Buzyn estime jeudi 21 novembre sur franceinfo que « la zone de risque est au-dessus de 0,5 g/L. C’est là où on perd ses réflexes ». C’est à la fois vrai et faux, la Cellule Vrai du faux vous explique pourquoi.

Les effets de l’alcool apparaissent presque dès la première goutte et influent sur le temps de réaction, le champ de vision qui se rétrécit, les reliefs qui apparaissent moins bien et un plus grand éblouissement. Le conducteur est aussi plus sensible à la fatigue et évalue moins bien les risques, notamment liés à la vitesse, comme le rappelle régulièrement la Sécurité routière.

L’Inserm explique dans son étude « Alcool et santé » qu’il agit directement sur le cerveau : « Jusqu’à 0,5 g/L, l’éthanol a un effet stimulant qui s’accompagne d’une désinhibition : les tâches cognitives sont exécutées plus rapidement et avec une sensation subjective de facilité, mais avec un taux d’erreurs accru. Au-delà de 0,5 g/L, il a un effet sédatif et perturbe les fonctions motrices (perte d’équilibre, de la coordination des mouvements).« 

Des données qui recoupent celles de la National Highway Traffic Safety Administration des États-Unis : elle a compilé 109 études de recherche sur les effets de l’alcool et l’impact sur les factultés de la conduite (en anglais).

La ministre de la Santé déclare aussi que « l’alcool au volant qui tue aujourd’hui, ce sont des taux d’alcoolémie plus élevés ». Cette fois, c’est vrai, confirme Anne Lavaud, déléguée générale de l’association Prévention routière. « Il n’y a pas d’effet de palier et l‘influence de l’alcool est exponentielle. » Au seuil légal de 0,5 g/L, le risque d’accident est déjà deux fois plus élevé qu’à jeun. 

L’Observatoire national interministériel de la sécurité routière ajoute dans son bilan 2018 que le taux d’alcoolémie a aussi une influence sur la gravité des accidents. Il précise que « le risque d’être responsable d’un accident mortel est multiplié par 6,4 entre 0,5 et 0,8 g/l ; par 8,3 entre 0,8 et 1,2 g/l ; par 24,4 entre 1,2 et 2 g/l ; jusqu’à 44,4 au-delà de 2 g/l ».



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