Les libéraux-démocrates promettent de stopper le Brexit avec à la clef un « bonus » de 50 milliards de livres



C’est le quatrième parti outre-Manche et dans un scrutin majoritaire à un tour, avec seulement 15 % d’intentions de vote dans les sondages il n’a quasiment aucune chance de gagner les législatives anticipées du 12 décembre. Mais faute de voir sa dirigeante Jo Swinson entrer à Downing Street, le parti libéral-démocrate pourrait bien jouer les faiseurs de roi, dans trois semaines, si les conservateurs échouent, tout comme les travaillistes, à recueillir une majorité.

Autant dire que son programme, publié mercredi, est examiné à la loupe, notamment dans les milieux d’affaires. Là où les conservateurs proposent un Brexit version hard et les travaillistes un plan de nationalisation sans précédent, les grands patrons comptent sur les « Lib-Dem » pour peser sur la future politique du gouvernement en la modérant, grâce à une alliance avec l’un des deux camps.

Priorité à l’éducation

La 
principale promesse du parti libéral-démocrate est connue

 : il s’agit, s’il gagnait les élections, de stopper le Brexit sans même passer par un nouveau référendum. Son manifeste précise qu’il compte ainsi dégager un « Remain bonus » de 50 milliards de livres sur cinq ans. C’est selon lui ce que le pays économiserait s’il décidait de rester dans l’Union européenne pour de bon. C’est, reformule le « Financial Times », ce qu’il récolterait en revenus fiscaux supplémentaires sur la période.

De quoi « investir dans les services publics et lutter contre les inégalités », promet le parti. La priorité serait donnée à l’éducation, victime de larges coupes budgétaires depuis 2010. Seraient investis 4,6 milliards de livres dès l’an prochain pour recruter à terme près de 20.000 enseignants supplémentaires. La gratuité des gardes d’enfants serait étendue à 35 heures par semaine pour tous ceux qui ont entre 2 et 4 ans, et les bébés de 9 à 24 mois quand les parents travaillent. Et chaque adulte bénéficierait de 10.000 livres à dépenser en formation tout au long de sa vie.

Recréer une dynamique

Les Lib-Dem proposent aussi d’accroître de 7 milliards par an le financement du système de santé, le sacro-saint National Health Service, en augmentant l’impôt sur le revenu. Ils souhaitent légaliser la vente de cannabis sur le modèle américain ou canadien. Ils veulent faire passer l’impôt sur les sociétés de 19 % à 20 %, lancer un plan d’investissement dans les infrastructures à 130 milliards et porter la part des énergies renouvelables dans le « mix énergétique » à 80 % d’ici à 2030, pour que le pays soit neutre en carbone dès 2045.

Le parti réussira-t-il, comme il l’espère, à séduire les Remainers de droite comme de gauche ? Il compte sur ces propositions pour retrouver une dynamique dans les sondages, où il peine à décoller. Arrivée à sa tête en juillet, Jo Swinson souffre encore d’un déficit de notoriété : selon un sondage Ipsos Mori de la mi-novembre, un tiers des électeurs ne la connaissent pas. Et 
plus ils la connaissent, moins ils l’apprécient

. D’après YouGov, 21 % de ceux qui la connaissaient en juillet avaient d’elle une opinion favorable et 29 % défavorable. Quatre mois plus tard, ils sont respectivement un quart et une moitié.



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