Les investissements étrangers reculent en Europe, mais progressent légèrement en France


Les « gilets jaunes »

et les mouvements sociaux qui secouent la France depuis un an n’entament pas l’attractivité du pays, en tous cas pour l’instant. C’est ce qui ressort d’une étude faite par Ipsos pour « Les états de la France » présenté ce jeudi. Parmi les 200 dirigeants de sociétés étrangères implantées en France interrogés, 84 % jugent le pays attractif. Ils plébiscitent les réformes du gouvernement et appellent, sans surprise, à aller plus loin dans la réduction du coût du travail.

Selon 
une autre étude du cabinet EY

, parue en juin dernier, le nombre de projets d’investissements étrangers en France a dépassé ceux engagés en Allemagne, l’Hexagone décrochant la deuxième place en Europe, derrière le Royaume-Uni. « Nous avons une chance de terminer sur la première marche du podium avant la fin du quinquennat en ce qui concerne l’attractivité. Nous pouvons être le pays d’Europe qui attirera le plus grand nombre d’investissements étrangers d’ici à 2022, devant l’Allemagne et le Royaume-Uni », estime le directeur général de Business France, Christophe Lecourtier.

Concurrence plus faible

Le ralentissement économique et les tensions commerciales ont incité les entreprises à la prudence et les investissements étrangers ont reculé depuis le début de l’année sur le Vieux Continent. Mais selon Christophe Lecourtier, « le nombre de projets d’investissements étrangers est en légère hausse en France sur les dix premiers mois de l’année 2019 ». Il faut dire que « la concurrence s’est affaiblie », comme le reconnaît Pascal Cagni, président de Business France.

La notion d’attractivité étant relative, il faut comparer l’Hexagone à ses grands voisins. Force est de constater que le modèle économique allemand, basé sur l’industrie et les exportations, est questionné, que le Brexit affecte les perspectives économiques du Royaume-Uni et que l’activité patine en Italie.

La crise des « gilets jaunes » a frappé les maisons mères

Tout ne va toutefois pas pour le mieux dans le meilleur des mondes. Dans l’étude Ipsos, pour 39 % des dirigeants, la crise des « gilets jaunes » a amené leur maison mère à s’interroger sur leurs projets de développements en France. La révolte des ronds-points a d’ailleurs eu un effet sur l’image de l’Hexagone auprès des sièges mondiaux : pour 44 % des répondants, elle s’est dégradée depuis un an. Il est vrai que, chaque pays occidental à sa manière, connaît une remise en cause des élites et de leur gestion de l’économie. En ce sens, 
les « gilets jaunes » ne sont peut-être pas plus inquiétants

, pour les investisseurs internationaux, que Donald Trump.

Mouvements sociaux sur le radar

Les groupes étrangers appréhendent-ils le mois de décembre, les syndicats ayant déposé 
un préavis de grève illimitée

pour s’opposer à 
la réforme des retraites

 ? Pour Denis Zervudacki, patron du cabinet DZA, pas vraiment. « Les grandes réformes pour l’attractivité ont déjà été faites. Celle des retraites n’est pas la mère de toutes les réformes », explique l’organisateur des « états de la France », une manifestation qui regroupe les entreprises étrangères implantées dans l’Hexagone ce jeudi à Paris.

Mais tout le monde n’est pas d’accord. Selon Olivier Marchal, président du cabinet de conseil Bain & Company en France, « si la contestation s’étend au secteur privé après le 5 décembre, alors il faudra sortir le drapeau rouge pour l’attractivité ». Nous n’en sommes pas encore là mais le fait que, de façon générale, les dirigeants insistent sur la « croissance inclusive » et la nécessité de mieux prendre en compte des inégalités prouve que les soubresauts des sociétés occidentales, et pas seulement française, sont pris au sérieux.



A lire aussi

Laisser un commentaire