La CGT stoppe l’hémorragie dans son bastion de l’énergie



Après des années de baisse, la CGT est parvenue à enrayer sa chute chez EDF et Engie (l’ex-GDF). Dans la branche des industries électriques et gazières, elle a réuni 39 % des votes, lors d’élections des comités sociaux et économiques des entreprises ce jeudi. En 2016, le syndicat atteignait les 40 %.

Chez EDF en particulier, il conserve sa première place, devant le syndicat des cadres CFE. Avec 34 % des votes, le syndicat historique de l’entreprise perd moins d’un point par rapport à 2016.

Tandis que la CFE progresse de trois points au niveau de la branche, la CFDT «prend une claque », estime un syndicaliste concurrent. Elle a péché par une campagne centrée davantage sur la position dominante du syndicat en France que sur les problème propres à la filière, estime-t-il. 

Projet Hercule et réforme des retraites

Malgré l’augmentation du nombre de cadres, le syndicat bénéficie d’un contexte qui n’est « pas défavorable », juge Hervé Béquet, à la CGT. Il cite notamment la réforme des retraites et le projet Hercule qui vise à scinder l’entreprise en deux, sujets porteurs d’angoisses pour les salariés.

Avec la SNCF

, les entreprises de la branche énergie constituent désormais l’un des derniers bastions du syndicat historique qui s’effondre 
dans l’industrie automobile


à la RATP

 ou encore chez Air France.

Négociations

Les résultats des syndicats au niveau de la branche sont cruciaux, souligne un syndicaliste. Les deux syndicats d’employeurs, UFE et Unemig, ont en effet entamé des réflexions visant à réformer le statut des travailleurs des industries des électriques et gazières.

Elles touchent à la fois aux conditions salariales, à la mobilité au sein des entreprises et à la formation. Ce qui s’ajoute aux négociations en cours sur la réforme des retraites. Le bon score de la CGT lui permettra de peser dans ces négociations.

Position dominante

Dans le groupe Engie, la tendance est la même. La CGT perd du terrain tout en maintenant sa position dominante, à 44 % des voix contre 46 % il y a trois ans. Parallèlement, la CFE-CGC progresse, mais ne parvient pas encore à convaincre plus du quart des salariés.

Le syndicat historique enregistre de bons scores dans les entreprises qui contrôlent les infrastructures énergétiques, note Eric Buttazzoni, de la CGT.

Inquiétude des salariés

C’est le cas de la société de stockage Storengy, où il progresse de 7 points, et d’Elengy, qui concentre les terminaux méthaniers du groupe, où il gagne 12 points supplémentaires. « Le bruit court que le groupe pourrait vendre les infrastructures, ce qui inquiète les salariés », estime le syndicaliste.

Le syndicat perd du terrain, en revanche, dans la maison mère Engie SA, ainsi que dans ses filiales de transport et de distribution, GRTgaz et GRDF.



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