En Allemagne, l’esprit de 1989 souffle encore sur Leipzig



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L’Histoire a gardé la mémoire de la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989. Mais un mois auparavant, c’est un peu plus au sud, à Leipzig, qu’avaient eu lieu les premières manifestations d’ampleur, le premier coup de boutoir contre le régime de la République démocratique d’Allemagne (RDA). Notre reporter Anne Mailliet est retournée dans cette ville où la révolution tranquille a commencé.

Le 9 octobre 1989, en République démocratique d’Allemagne, à Leipzig, des dizaines de milliers de personnes se rassemblent dans les églises avant d’envahir les rues. Malgré les 8 000 policiers mobilisés par le régime est-allemand ce soir-là, les habitants de cette ville du nord-ouest de la Saxe n’ont plus peur de s’exprimer. Ils ont soif de liberté et de changement.

Dans les semaines qui suivent, les manifestations vont se multiplier et gagner les autres villes du pays. Un mois plus tard, le Mur s’écroule à Berlin. C’est la fin de la RDA et le début du processus de réunification de l’Allemagne.

Trente ans après ces événements qui ont fait basculer l’histoire, Leipzig compte parmi les villes les plus florissantes de l’ex-RDA. Cependant, le niveau de vie, des salaires et des retraites y est encore plus bas qu’à l’Ouest, et le traumatisme du passage à marche forcée, dans les années 1990, d’une économie planifiée à une économie de marché, reste palpable.

Selon un sondage publié en début d’année, 66 % des habitants de Saxe ont le sentiment d’être des citoyens de seconde classe. L’extrême droite y gagne du terrain, si bien que trois décennies plus tard, les activistes de 1989 qui se mobilisaient à l’époque contre le Mur militent aujourd’hui contre le racisme et le nationalisme.

>> À voir aussi : « Trente ans après la chute du Mur, de plus en plus de ‘revenants’ se réinstallent à l’Est »



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