Compte de formation : les réglages compliqués du moteur de recherche



Avec le lancement ce jeudi matin de l’application « Mon compte formation », 25 millions de Français vont pouvoir acheter de la formation en quelques clics et sans demander l’autorisation à son employeur, à un organisme paritaire ou à Pôle emploi. A condition de bien la choisir. C’est là que 
le moteur de recherche prend toute son importance

. « Nous faisons une mise à jour quasiment toutes les quarante-huit heures », assure Laurent Durain, directeur de la formation professionnelle à la Caisse des dépôts qui a développé l’appli.

Une série de tests réalisés par « Les Echos » sur un catalogue de 30.000 sessions de formations montre que l’art est difficile. Si l’on tape le mot pâtissier par exemple, les résultats sont de nature à satisfaire l’utilisateur : CAP pâtissier dispensé par l’atelier des chefs pour 1.175 euros ou par l’Ecole internationale du savoir-faire pour 2.200 euros. En réponse au mot-clef informaticien, le moteur renvoie un BTS en solutions logicielles (7.800 euros) en tête de liste.

Un ou deux mots ?

L’exercice est moins probant en apparence si l’on saisit le mot téléphonie : après trois formations d’installateur en fibre optique, s’affichent des dizaines de cours de langue par… téléphone. Le moteur fait aussi ressortir des résultats qui n’ont rien à voir avec les formations recherchées quand on saisit plusieurs mots.

Tailleuse de pierre par exemple ramène… « Technicien Spa et Bien-Etre – bloc de compétences 2 – massage aux pierres chaudes » ! Pour « Footballeur professionnel » on obtient des brevets professionnels de la jeunesse, de l’éducation et du sport, normal, mais aussi « Yellow Belt Lean 6 sigma » ou « formation pour devenir consultant en gestion de carrière ».

On a testé l’appli du gouvernement pour choisir sa formation

Tout est question de réglages et l’expérience des trente premiers jours permettra de trouver la meilleure formule, relativise Laurent Durain. Pour le démarrage de l’appli, parti a été pris d’élargir au maximum pour éviter d’afficher des listes de réponse aux requêtes vides. Dans le cas de la saisie du mot téléphonie, le moteur commence par chercher les formations réellement pertinentes. Dans un second temps, il fait une recherche plein texte. Pour ce mot, il vaudrait donc mieux resserrer la profondeur de recherches. Pour le mot « soin » en revanche, c’est l’inverse car l’appli a intérêt à ramener le maximum de formations liées à ce thème. « Le niveau d’élargissement est une des questions et nous essayons de le faire varier selon le domaine », explique Laurent Durain.

Faute de frappe

Autre problème, la recherche sur plusieurs mots. Le moteur doit-il prendre « tailleur de pierre » en un seul mot ? A priori oui. Tout comme pour « aide soignant ». Dans le cas de « coiffeur à domicile » en revanche, il semble plus logique de garder l’un ou l’autre des deux mots pour ramener en plus les formations d’aide à domicile. Si l’on tape « petite enfance », là il vaut mieux retirer le mot « petite » pour éviter de lister les formations à la petite pâtisserie.

Preuve que les réglages sont minutieux, des versions de tests du moteur de recherche ramenaient des formations d’accessoiristes en réponse à une requête sur le Caces, un certificat très prisé pour la conduite d’engins de manutention. Comme le moteur prenait le mot Caces pour une faut de frappe, il faisait l’analogie avec celui d’accessoiriste dont les cinq premières lettres constituent un anagramme. Caces a depuis rejoint le dictionnaire des mots reconnus de l’appli.



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