Compte de formation : les professionnels saluent la réforme



Tout vient à point à qui sait attendre… Pour la Fédération française de la formation professionnelle (FFP), qui représente un tiers de l’activité du secteur, ce jeudi 21 novembre restera comme une date historique. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, officialise le 
lancement de l’application mobile du Compte de formation

 par laquelle plus de 30 millions de Français pourront acheter de la formation librement. « Enfin un service d’accès totalement désintermédié », se réjouit Pierre Courbebaise, le président de la FFP qui appelle de ses voeux un tel dispositif depuis près… d’un quart de siècle.

Si l’idée d’une application mobile est née au Medef à l’été 2015, celle d’un compte individuel qui met en relation le stagiaire et l’organisme de formation, elle, a été mise en avant par la FFP dans son Livre blanc de 1995. A l’époque, le seul droit individuel, c’est le congé individuel de formation (CIF) pour les reconversions lourdes. La fédération pousse alors l’idée d’un compte épargne formation alimenté par un chèque distribué par La Poste. « Pour se constituer un capital compétences au même titre qu’un capital immobilier », rappelle Pierre Courbebaise.

Nouvelle approche commerciale

Appel d’air grand public, accès à l’information, simplicité, identification de besoins nouveaux grâce à l’analyse des requêtes dans le moteur de recherche… Pour la FFP, l’application mobile n’a que des bienfaits. Mais des bienfaits contraignants : habitués à commercer avec l’entreprise ou les organismes paritaires, nombre de professionnels vont devoir changer d’approche commerciale s’ils veulent toujours accéder aux fonds du CPF. Ce d’autant que 
les conditions de ventes ne sont pas sans contraintes

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« Accueil téléphonique, réponse au client, découpage des formations en blocs de compétences… Cela remet en cause tous nos process. C’est un virage absolument majeur. Il y aura un avant et un après l’appli mais c’est aussi à nous, organismes de formation, de faire qu’il en soit ainsi », abonde Olivier Faron, administrateur général du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) dont une quinzaine de formations sont accessibles dans l’appli. Pour le CNAM, le CPF en euros est aussi essentiel à la réussite de 
son opération « Au coeur des territoires »

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Leboncoin s’y met

Même optimisme pour Pierre Charvet, directeur général et cofondateur de Studi, un organisme de formation en ligne du CAP au bac+5. « La désintermédiation constitue une véritable révolution », se réjouit-il, avec pour bénéfice collatéral une « garantie de transparence sur les prix ». En clair, ceux qui profitaient des généreux abondements de la part des ex-opérateurs paritaires Opca vont devoir redescendre sur terre. Anticipant un boom de la demande, Studi prévoit de recruter 40 conseillers.

Signe qu’il se passe quelque chose, Leboncoin a rajouté une catégorie « formations professionnelles » sur son site, la certification qualité en moins.

On a testé l’appli du gouvernement pour choisir sa formation



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