Brexit et élections anticipées : les cinq propositions clés du Labour



C’est le programme le plus radical qu’ait présenté l’opposition travailliste depuis plusieurs dizaines d’années. Le leader du Labour Jeremy Corbyn a dévoilé un « 
manifeste

» de promesses très offensif, jeudi à l’université de Birmingham, dans la perspective des législatives anticipées du 12 décembre.

Intitulé « It’s time for real change », et impliquant 83 milliards de livres de 
nouvelles dépenses

 entièrement financées par l’impôt, il contient « beaucoup de mesures populaires que l’establishment politique a bloquées depuis une génération », a dit Jeremy Corbyn. Reste à savoir si elles séduiront, ou au contraire effraieront les électeurs.

Brexit

S’il prend le pouvoir, le Labour promet de renégocier en trois mois avec Bruxelles un  nouvel accord de divorce maintenant le pays dans une relation économique étroite avec l’UE, puis de le soumettre six mois plus tard aux Britanniques à l’occasion d’un référendum qui leur offrira aussi le choix de rester dans l’Union. S’ils votent alors de nouveau pour le Leave, les droits en matière d’immigration seront l’objet d’une négociation entre les deux blocs, dit le Labour. Le parti dit reconnaître les bénéfices de la libre circulation de mouvement et prévient qu’il « cherchera à protéger ces droits ».

 Fiscalité

Une taxe exceptionnelle serait imposée aux entreprises pétrolières et gazières, basée sur leur contribution au changement climatique depuis 1996. Elle permettrait de récolter 11 milliards de livres pour aider à financer la transition énergétique. Une taxe sur les transactions financières serait mise en place, qui devrait rapporter 8,8 milliards de livres en 2023-2024. L’impôt sur les sociétés serait progressivement relevé, de 19% à 21% en 2020, 24% en 2021 et 26% en 2022. Seuls les 5% de particuliers les plus riches (gagnant plus de 80.000 livres) supporteraient des hausses d’impôt.

Pouvoir d’achat et inégalités

Après 9 ans d’austérité sous les conservateurs, le Labour promet d’augmenter de 5% les salaires des employés du secteur public, et de relever le salaire minimum à 10 livres par heure. Il veut supprimer les frais de scolarité à l’université.  Dans les entreprises, il propose de réserver aux représentants des salariés un tiers des sièges au conseil d’administration. Et les grands groupes devraient transférer sur 10 ans 10% de leurs actions à leurs employés, via un fonds d’intéressement. Toute entreprise voulant nouer un contrat avec le secteur public devrait avoir un écart maximal de 1 à 20 entre les salaires de ses hauts dirigeants et ceux de ses employés, contre 1 à 150 en moyenne actuellement. 

Nationalisations

Souhaitant revenir sur de nombreuses privatisations lancées dans les années 80 par Margaret Thatcher, le Labour veut engager une vague massive de nationalisations allant des compagnies d’eau aux opérateurs ferroviaires, en passant par l’opérateur postal Royal Mail et le réseau de gaz et d’électricité National Grid. Autant de mesures qui ont le vent en poupe dans l’opinion publique. Pour offrir gratuitement l’Internet à haut débit à tous, il prévoit aussi de 
nationaliser le réseau fixe de l’opérateur télécoms BT

. Une mesure visiblement 
moins populaire

.

Services publics et environnement

Tandis que les dépenses destinées au système de santé seraient accrues de 4,3% par an en moyenne, un « fonds national de transformation » de 400 milliards de livres financé par l’emprunt investirait dans les infrastructures et les technologies décarbonées. Un plan serait lancé pour atteindre une « majorité substantielle » des réductions des émissions de CO2 d’ici à 2030. Les entreprises qui ne lutteraient pas assez activement contre le changement climatique pourraient être sorties de force de la cote, à la Bourse de Londres.



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