Face à Macron, les conservateurs européens se mettent en ordre de bataille



La grande confrontation politique européenne des prochaines années prend forme. Face à Emmanuel Macron, les conservateurs européens se mettent en ordre de bataille. Lors d’un Congrès qui doit se dérouler mercredi et jeudi, à Zagreb, les dirigeants du Parti populaire européen (PPE) vont renouveler leur organigramme et porter à leur présidence le Polonais Donald Tusk.

Formules chocs

Même si sa notoriété reste faible en France, l’homme qui a dirigé, depuis 2014, le Conseil européen, est une figure centrale de la vie politique européenne. Grand manitou des Conseil européens, ces réunions au cours desquelles les chefs d’Etat et de gouvernement donnent les grandes impulsions politiques du bloc et tranchent les sujets brûlants comme le Brexit, Donald Tusk s’est illustré, en particulier vers la fin de son mandat, par sa capacité à oser des formules chocs.

Celui qui 
s’était demandé s’il existait « une place spéciale en enfer »

pour les responsables politiques qui ont promis le Brexit sans conséquence au peuple britannique a prononcé, la semaine dernière, un discours remarqué, qui l’a vu prendre ouvertement position contre Emmanuel Macron. Au sujet de la Russie, de l’Otan, ou de l’élargissement, le Polonais a été clair. « Il n’y aura pas d’Europe souveraine sans Balkans stables intégrés au reste du continent », a-t-il notamment averti. Une façon de reprendre à son compte 
un voeu du président français

… pour le retourner contre lui.

Formation de combat

Paris sait désormais à quoi s’en tenir. La France en veut à Donald Tusk d’avoir osé sortir de la neutralité censée convenir à sa fonction, pour brusquer les choses sur le Brexit ou l’élargissement, en prônant sur ces dossiers des politiques aux antipodes de la vision française. « Le choix de Tusk est la réponse du PPE au sentiment très clair que Macron veut s’attaquer à lui du fait qu’il est la machine de guerre de l’Allemagne sur la scène européenne », décrypte un membre de la famille conservatrice européenne. Une formation de combat, donc, face à un président français lassé de l’inertie européenne et qui lâche de plus en plus les coups,
brusquant les esprits

sur l’alliance atlantique ou sur les règles qui régissent la zone euro.

Glissement

De manière symptomatique, Donald Tusk succède à un Français, Joseph Daul, ancien député européen, moins visible à Bruxelles mais très impliqué dans les tractations politiques de ces dernières années. Alsacien, parfaitement germanophone, proche d’Angela Merkel, « il n’a pas brusqué le parti au plan idéologique, mais a servi à incarner le couple franco-allemand », résume une source qui pointe le glissement à l’Est, désormais, du PPE. Alors que la droite française comptait 20 eurodéputés en début de mandat précédent, elle ne pèse désormais que pour 8. Loin derrière l’Allemagne (29), qui continue à contrôler l’essentiel du parti avec 8 coordinateurs de commissions parlementaires (sur 22), mais aussi la Pologne (17 eurodéputés), la Roumanie (14), la Hongrie (13) ou l’Espagne (12).



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