Attaqué par Trump, un témoin de l’affaire ukrainienne s’inquiète pour sa famille


Expert de l’Ukraine au Conseil de sécurité nationale, le lieutenant-colonel Alexander Vindman s’est exprimé publiquement au Congrès mardi 19 novembre, dans le cadre de l’enquête des démocrates en vue d’une éventuelle destitution de Donald Trump. Témoin clé de l’affaire et particulièrement problématique pour le président américain, qui est accusé d’avoir abusé de son pouvoir présidentiel, il a été la cible d’attaques et de tentatives de discréditation de la part de Donald Trump et de représentants républicains. Selon le « Wall Street Journal », Vindman, inquiet, a demandé à l’armée d’évaluer la sécurité de sa famille.

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Une telle évaluation a été faite, confirme l’agence de presse Reuters. D’après un responsable américain, qui a souhaité demeurer anonyme, Alexander Vindman et sa famille pourraient prochainement être déplacés vers un lieu sûr, si les menaces contre lui venaient à s’amplifier et laissaient présager un danger physique.

Selon le « Wall Street Journal », la protection de Vindman pourrait de son côté être augmentée.

Trump accusé de vouloir intimider des témoins

Pendant le témoignage d’Alexander Vindman, vétéran de la guerre du Vietnam et officier décoré et respecté de l’armée américaine, le compte Twitter de la Maison-Blanche a publié à plusieurs reprises des tweets remettant en doute son discernement. Certains élus républicains présents lors de l’audition l’ont de leur côté malmené à plusieurs reprises, mettant en cause sa loyauté envers le président et les Etats-Unis.

Vindman, qui a quitté l’Union soviétique lorsqu’il était enfant, a reconnu que les Ukrainiens lui avaient proposé de devenir leur ministre de la Défense, mais a assuré avoir immédiatement refusé. Il a répondu aux critiques républicaines en lisant une évaluation dithyrambique de son travail le décrivant comme un « officier militaire qui fait partie des 1 % les meilleurs » et a juré être « non partisan ».

Après son témoignage à huis clos à la fin du mois d’octobre, Vindman avait déjà été la cible de Trump, qui l’accuse d’être un « Never Trumper », terme employé par la droite pour désigner les républicains opposés au milliardaire.

Destituer Donald Trump, une procédure où tout le monde joue très gros

Lors de son audition mardi, Alexander Vindman a répété que la demande de Donald Trump au président ukrainien d’ouvrir une enquête contre Joe Biden, bien placé pour remporter l’investiture démocrate, lui avait paru déplacée. Dans son témoignage, il a également dénoncé les multiples attaques verbales proférées à l’encontre des témoins de l’enquête, émanant notamment du président américain et des républicains, estimant qu’elles étaient « répréhensibles ».

Depuis le début des auditions publiques, Trump a été accusé à plusieurs reprises de se livrer à de l’intimidation de témoins. Ce fut notamment le cas lors de l’audition de Marie Yovanovitch, l’ancienne ambassadrice des Etats-Unis à Kiev. « Partout où Marie Yovanovitch est passée, les choses ont mal tourné », a commenté le président sur Twitter alors que la diplomate était encore interrogée par les représentants du Congrès. Interrogée sur sa réaction quelques minutes après, elle a confié trouver le message du président « très intimidant ». Le président démocrate de la commission du renseignement, Adam Schiff, a dénoncé « une intimidation de témoin en direct » pouvant constituer une « entrave » à l’enquête.





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