« un cas particulier », pour Macron


Une semaine après l’immolation d’un étudiant devant le Crous de Lyon, et alors que le jeune homme de 22 ans est toujours hospitalisé, Emmanuel Macron s’est exprimé sur le sujet lors d’un déplacement à Epernay, dans la Marne.

« Ce qui s’est passé à Lyon est absolument terrible et horrible », a analysé le chef de l’Etat jeudi 14 novembre, poursuivant :

« C’est vraiment un cas particulier. J’ai vu les revendications de ce jeune homme mais il y a aussi une fragilité. C’est un geste terrible de faire ça. Je pense à lui et sa famille. »

Un commentaire dans la droite ligne des réactions gouvernementales depuis le geste de l’étudiant, inscrit en deuxième année de licence et qui militait au syndicat Solidaires.

Dans une lettre écrite avant son geste, celui-ci s’exprime pourtant clairement sur ses motivations politiques. Il écrit : « « Cette année, faisant une troisième L2, je n’avais pas de bourse, et quand j’en avais, 450 euros par mois, est-ce suffisant pour vivre ? »

Et de poursuivre :

« J’accuse Macron, Hollande, Sarkozy et l’UE de m’avoir tué, en créant des incertitudes sur l’avenir de tous, j’accuse aussi Le Pen et les éditorialistes d’avoir créé des peurs plus que secondaire.s. »

Numéro d’équilibriste

La porte-parole du gouvernement Sibeth NDiaye, invitée sur France-Inter le 14 novembre, avait tout juste concédé que l’étudiant avait « laissé un message qui [laissait] à penser que c’est un acte politique ». La veille, elle avait déclaré qu’il était « important de regarder le contexte psychologique » et joué les équilibristes :

« Il a effectivement laissé un message qui semble désigner un geste qu’il qualifierait peut-être, lui, politique. »

Avant elle, Amélie de Montchalin, secrétaire d’Etat chargée des Affaires européennes, avait simplement jugé : « Je ne pense pas qu’on puisse dire que c’est un acte politique. »

Mercredi, interpellé par la députée Danièle Obono (LFI) qui lançait à l’Assemblée nationale « Votre politique tue », le secrétaire d’Etat en charge de la Jeunesse Gabriel Attal a quant à lui répliqué qu’« il n’est jamais un acte politique que de tenter de mettre fin à ses jours ».

Colère chez les étudiants

L’immolation de l’étudiant a déclenché une vague de colère (politique) dans les universités.

A Paris, des étudiants ont arraché mardi la grille d’entrée du ministère de l’Enseignement supérieur, tandis que des rassemblements ont aussi perturbé les cours sur des campus de Lyon et Lille. A la faculté de droit de Lille, une conférence de François Hollande a dû être annulée.

« La précarité tue » : fortes mobilisations en France après l’immolation par le feu d’un étudiant

Reçus par Gabriel Attal et le cabinet de la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal, les syndicats étudiants la Fage et l’Unef ont exigé une « réévaluation urgente » des bourses universitaires. « Il y a eu de l’écoute, des constats partagés, maintenant, on n’a pas eu d’engagement à l’heure actuelle », a regretté Orlane François, présidente de la Fage, premier syndicat étudiant, à la sortie de la réunion.





FranceTVinfo

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