Deux morts dans l’effondrement d’un pont sur le Tarn : ce que l’on sait


Une jeune fille de 15 ans et le chauffeur d’un camion ont été tués , ce lundi 18 novembre à Mirepoix-sur-Tarn (Haute-Garonne), après l’effondrement d’un pont routier suspendu enjambant le Tarn, relançant les questions sur l’état de dangerosité des ponts en France. La catastrophe a également fait cinq blessés, dont trois « en urgence absolue ». Une enquête a été ouverte.

« L’Obs » fait le point sur ce que l’on sait.

Le pont était-il bien entretenu ?

Le pont, situé sur la commune de Mirepoix-sur-Tarn, à une trentaine de kilomètres au nord de Toulouse, s’est effondré dans la rivière vers 9 heures ce lundi matin, entraînant dans sa chute une voiture et un camion.

Le pont de structure métallique, datant de 1931, avait « fait, semble-t-il, l’objet d’un suivi correct », selon le procureur de la République de Toulouse, Dominique Alzéari. L’ouvrage ne présentait « aucun problème de structure » lors de sa dernière inspection « détaillée en 2017 » selon le conseil départemental. Le dernier contrôle a eu lieu en décembre 2018.

Selon le conseil départemental de Haute-Garonne, dont dépend l’entretien de l’ouvrage, ce pont « n’était pas répertorié comme un ouvrage sensible » et ne bénéficiait pas d’une surveillance particulière.

Le pont mesure 155 mètres de long et 6,50 mètres de large. « Une inspection détaillée avait été faite en 2017 et n’avait révélé aucun problème de structure », avec seulement des « désordres de type évolutif normaux », selon le conseil départemental.

« On le prend tous les jours ce pont. C’est pas possible que ça arrive ! On était loin de s’imaginer qu’il pouvait s’effondrer. Les bus scolaires venaient juste de passer le pont. Mon aîné venait de partir au collège de Bessières », témoigne auprès de l’AFP Audrey, 36 ans, aide à domicile qui habite à 100 mètres. La départementale 71 est actuellement coupée à la circulation.

Qui sont les victimes ?

Une adolescente de 15 ans a été tuée dans l’effondrement. Son corps a été retrouvé dans la matinée.

L’adolescente, qui était la passagère d’une Renault Clio, était en classe de Première au lycée privé d’enseignement professionnel rural de la localité voisine de Montastruc-la-Conseillère, selon l’établissement où une cellule psychologique a été mise en place.

Un deuxième corps, celui du chauffeur d’un camion, a été retrouvé lundi après-midi, ont indiqué le maire et une source proche des secours.

« Le corps, qui se trouve dans la cabine du camion », tombé dans le Tarn, « n’a pas encore été désincarcéré », a précisé le maire, Eric Oget.

« La rivière est profonde en dessous du pont et le courant est important. À proximité du pont, existe un gouffre de trente mètres de profondeur dans la rivière Tarn », note « la Dépêche du Midi », qui indique que les pompiers avaient mobilisé un drone pour les recherches.

Le tonnage du poids lourd est-il en cause ?

Le camion, retrouvé, est « apparemment un porte-char, ce type de véhicule transporte des grues. A priori, c’est un véhicule lourd », a indiqué le maire de Mirepoix, Eric Oget, qui ne sait pas s’il fait plus ou moins de 19 tonnes, la limite autorisée sur ce pont. « Aucun phénomène climatique récent » ne peut être mis en cause, a-t-il assuré.

« Nous faisons des perquisitions chez le transporteur », a ajouté le procureur. D’après le conseil départemental, il s’agit d’une « entreprise de forage ». Selon « la Dépêche du Midi », le camion transportait une foreuse.

« Ces ponts sont interdits aux véhicules de plus de 19 tonnes mais il est fréquent que des camions de plus gros tonnage les empruntent », a pour sa part relevé le président de la communauté de communes, Jean-Marc Dumoulin.

Le parquet de Toulouse a confié l’enquête à la section de recherches de la gendarmerie.

Le gouvernement a en outre annoncé le lancement immédiat d’une enquête par le bureau d’enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT).

« A cette heure, on ignore encore les causes précises de l’accident », a indiqué le ministère de la Transition écologique et solidaire dans un communiqué, rappelant que les dernières inspections de l’ouvrage n’avaient révélé « aucune faille de sécurité ».

L’état des ponts est-il inquiétant en France ?

Ce drame « illustre malheureusement » les conclusions de la mission d’information sénatoriale sur la sécurité des ponts, à savoir qu’il y a « une vraie dangerosité de l’état de nos ponts », a déclaré son président Hervé Maurey à l’AFP. Pour le sénateur, « un des problèmes est qu’aujourd’hui on ne connaît pas l’état des ponts en France ».

La mission d’information a appelé fin juin à « un plan Marshall pour éviter un drame », réclamant un audit des ponts. Michel Dagbert, sénateur PS et corapporteur de la mission, indique sur BFMTV : « Depuis plusieurs années nous avons levé le pied sur les moyens nécessaires à l’entretien […] Il faut réinvestir pour remettre à niveau l’ensemble des ouvrages […] Ces ouvrages sont plutôt correctement surveillés et entretenus mais certains départements sont à la peine faute d’investissements ».

Problèmes de sécurité, risques d’effondrement… Quel est l’état des ponts routiers en France ?

Le Sénat avait mis en place cette mission d’information sur la sécurité des ponts après l’effondrement d’un viaduc à Gênes (Italie), le 14 août 2018, qui avait fait 43 morts.

Le secrétaire d’Etat à l’Intérieur Laurent Nuñez et la secrétaire d’Etat à la Transition écologique Emmanuelle Wargon sont attendus à Mirepoix-sur-Tarn dans l’après-midi.

T. V.

L'Obs





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