Le nouvel Empire EURO-GERMANIQUE : Ange ou Dmon ?


L’Empire Britannique s’effondre dans le Brexit après avoir réduit l’Union Européenne à un simple grand marché ouvert à la concurrence libre et faussée. La vindicte anglaise a empêché Napoléon, De Gaulle et d’autres, de reconstituer l’Europe de Charlemagne. L’élargissement/extension de l’UE vers l’Est a ouvert la voie à la reconstitution d’un empire germanique austro-hongrois dont le coeur est la grande Allemagne et les satellites sont les pays du pacte de Visegrad. Les « pays du club med », France incluse, sont relégués en seconde division ! Quel Avenir pour L’UE ? De Raison retrouvée ou de Passion dévorante ? Vision « angélique » ou « démoniaque » ?

Les 30 ans de la chute du mur de Berlin et du rideau de fer sont commémorés avec enthousiasme, nostalgie et zeste d’amertume : les retombées, à savoir une grande Allemagne par la population et la puissance économique, et un élargissement à la Mittle Europa, de culture germanique depuis les siècles des Hasbourg et de la grande Prusse jouxtant la Russie.

Les deux grandes nations vaincues de la seconde guerre mondiale, en grande partie détruites par des bombardements dévastateurs des équipements industriels et massacreurs des civils en grand nombre, ont retrouvé leur « honneur » en reconstruisant des industries puissantes et modernes, en vendant massivement au monde occidental de ses vainqueurs des produits de qualité. La faiblesse des monnaies asiatiques (yen, le won et le yan), et l’acharnement au travail des populations, ont fortement favorisé l’émergence des économies de ces pays. La recherche du profit maximal des clients occidentaux a conduit à une mondialisation destructrice de pans entiers des économies occidentales (américaines et européennes). L’Allemagne s’est rapidement retrouvée avec un mark dit fort : ses technologies de qualité et de robustesse alliées à une force de travail bien organisée, fiable, solidaire et ne ménageant pas son temps de travail, et renforcées par des réputations parfois surfaites mais admises et transmises par ses clients potentiels, ainsi que par la cogestion systématique employeurs/employés… ont fait le grand succès de l’économie allemande !

De nos jours on constate les énormes excédents de la balance commerciale de l’Allemagne (plus de 200 Md€ en moyenne ces dernières années, soit de 6 à 8% du BIP), qui avec ses 80 millions d’habitants rivalise avec la Chine (300 à 400 Md$ d’excédents) et ses 1,4 milliard d’habitants. Les comptes publics qui avaient plongés avec les « coûts » de la réunification, deviennent positifs et la dette publique se réduit en conséquence.

Pour une majorité d’analystes économiques et/ou politiques, les citoyens allemands ont fait de très grands efforts pour prendre en charge un coût de réunification estimé entre 1500 et 2000 Md€ (selon certains chiffres estimés sans références aux statistiques et donc sujets à caution : des évaluations de l’époque annoncées 1500 Md Marks, qui de nos jours pour un même pourcentage de PIB correspondent sensiblement à l’estimation en € ci-dessus) et même beaucoup plus pour quelques thuriféraires des efforts surhumains assumés par un peuple d’exception (on est pas loin des propagandes d’une époque hypernationaliste). Ces énormes coûts comprennent de lourdes dépenses de rénovation des infrastructures publiques (voiries, réseaux, batiments publics, écoles et universités…) et de soutien social de la population impactée. Même la privatisation des nombreuses entreprises d’état par la Treuhand, s’est soldée par un déficit de 250 Md Marks !! Du fait de coûts sociaux pour la fermeture de certaines usines, pour les restructurations/dégraissages etc…

Malgré la parité des deux monnaies voulue par le chancelier Kohl, la productivité des travaileurs de l’ex RDA restant encore inférieure à celle de la RFA, ou est supposée telle, alors les salaires de l’industrie sont encore inférieurs de 15/20%. Les industriels de la RFA se sont emparés des usines et entreprises de l’Est pour éviter que des reprises par des Français, Anglais et autres étrangers, viennent faire une concurrence dans leur pré carré. Alors ils ont principalement conservé les liaisons commerciales avec la Russie et les pays de l’Europe de l’Est. Les Allemands de l’Est se sentent toujours laisés et considérés comme des citoyens allemands de seconde catégorie : d’où une montée du nationalisme et de la xénophobie dans les landers réunifiés avec la RFA, montée visible dans les résultats électoraux. De plus les entreprises allemandes (FRA) préfèrent investir dans les pays de la « middle europa » hors ex-RDA, pour avoir des fournisseurs et sous-traitants à bas coûts salariaux et à culture germanique.

 

La réalité est plus prosaïque  ! Certes la population allemande réputée travailleuse a consenti des efforts économiques et financiers : mais beaucoup de facteurs ont été oubliés volontairement et/ou par ignorance ! Ces oublis concernent l’influence importante de la démographie et les déséquilibres européens des balances commerciales avec les pays de l’UE.

Influence de la démographie

Après des années de forte natalité (1950/1970 entre 1 et 1,3 million/an de naissances)) (avec de futurs problèmes de financement des retraites) la natalité a plongé au milieu des années 70 vers 750 000/an puis récentes remontées vers 900 000/an et le déficit par rapport aux décès va de 300 000 à 150 000/an. Malgré cela la population de l’Allemagne augmente (avant l’afflux massif de travailleurs immigrés et récemment de réfugiés). Les statistiques ont « réunifié » les deux Allemagne depuis 1945 : donc l’afflux de 2 millions de travailleurs (plutôt jeunes) de la RDA après la chute du mur ne rentre pas dans les statistiques de l’immigration de personnes étrangères. Par contre, les allemands « rapatriés » (3 millions) depuis l’Europe de l’Est, de l’Ukraine et surtout de la Russie, entrent dans les statistiques des personnes « issues de l’immigratiion ». Les « allemands de souche » (non issus de l’immigration) sont en baisse constante : 64,288 millions (2015) à 63,848 millions (2016), en nombre et en pourcentage car les « issus de l’immigration passent de 17,116 millions (2015) à 18,576 millions (2016). Même sans l’apport exceptionnel des réfugiés l’évolution varie dans le même sens.

 

Mais pourquoi la démographie joue-t-elle un rôle si important dans les équilibres sociaux-économiques ?

Le facteur le plus important concerne la prise en charge en dépenses publiques (état, landers, communes) pour l’éducation, la formation professionnelle et supérieure, la santé et les aides (allocations) à la famille, les réductions d’impôts, les prises en charge diverses : un jeune de sa conception à son arrivée sur le marché du travail coûte entre 200 000 et 250 000 € en diverses dépenses publiques. La forte réduction des naissances a donc entraîné une forte réduction des diverses dépenses publiques y affectées.

Le solde décès moins naissances depuis 1972 est de plus de 5 millions, soit un minimum de 1000 Md€ d’économies potentielles selon les critères de l’Allemagne.

Les 2 millions d’allemands de l’Est venus travaillés en RDA après la chute du mur correspondent à une économie de l’ordre de 400 M€. Les 3 millions de rapatriés, avec environ 50% d’adultes en âge de travailler, correspondent alors à une économie de 300 Md€. Ces 5 millions plus un flux notable continu de l’ex-RDA ont couvert la période 1990/2000. À partir de 2000 les insuffisances de naissances depuis 1972/76 sont compensées par une forte immigration de travail (de 2000 à 2015, avant l’afflux des réfugiés, l’Allemagne absorbe 5,5 millions d’immigrés de travail, soit une « économie potentielle » de 1100 Md€ (aux conditions allemandes)).

Les autres immigrés de travail en grande majorité issus des pays de « l’Est » et du « club Med » (Grèce, Italie, Espagne, Portugal) représentent plus d’une dizaine de millions, dont les « frais d’élevage » pour les travailleurs représentent encore entre 1000 et 2000 Md€ (selon les conditions des pays de départ) pris en charge par les finances publiques des pays d’origine et non pas par la bénéficiaire Allemagne qui, en guise de remerciements, reproche la mauvaise gestion des fonds publics des pays d’origine !!! Tout en « éructant » son mépris !

Ces grands potentiels d’économies permettent à l’Allemagne de solder les coûts de la réunification et de présenter des comptes publics en excédent. En outre, les recettes fiscales et les cotisations sociales de tous les travailleurs immigrés permettent d’éviter une faillite des comptes sociaux allemands et en particulier celui des retraites.

 

Effet de la balance commerciale allemande largement excédentaire

La grande masse des immigrés permet ainsi aux entreprises allemandes une réduction de leurs charges fiscales et sociales. Couplée à la bonne réputation des produits allemands, cela contribue à l’excellent niveau des exportations et surtout de la balance commerciale (excédentaire).

Contrairement à la Chine où les exportations sont destinées « au grand large » facturées en $ ou €, et dont les excédents sont transformés en yuans par la BPOC (banque centrale de Chine) qui gère par ailleurs la masse d’avoirs de devises étrangères), la majeure partie des exportations et des excédents de l’Allemagne sont réservés au pré carré de l’Europe (Royaume-Uni inclus) et facturés en €. Dans le cadre d’une UE plus intégrée (ou de l’Eurozone) environ 80% du commerce extérieur allemand serait réduit en commerce intérieur et disparaîtrait des statistiques ! Les grands excédents de l’Allemagne sont « payés » en très grande partie par les clients de l’Eurozone, sans que la BCE ni la Banque Centrale d’Allemagne n’interviennent. Les caisses des pays clients se vident et celles des Allemands se remplissent. Ces transferts profitent non seulement aux fournisseurs et à leurs personnels, mais comme ils paient des charges sociales et des impôts sur les produits et sur les salaires versés, ces contributions fiscales et sociales des pays clients viennent abonder les caisses sociales et les budgets publics allemands : la contribution des pays européens clients sur environ 150 Md€ d’excédents, est de l’ordre de 50 Md€/an (le taux de prélèvement est ramené à 1/3 car la TVA est exclue des transactions à l’export) !

Les quelques déficits notables de l’Allemagne sont dus aux importations d’hydrocarbures de Russie, de Norvège et des Pays-Bas (et non des pays du golfe arabo-persique) : pour ce dernier pays en fait ce sont les grandes raffineries de Rotterdam qui importent le pétrole brut et le raffine, puis en vendent une grande partie à l’Allemagne sous la forme d’essence, de gazoil et de fioul ; d’où le déficit affiché.

 

Les possibles ou indispensables réactions à la mise en coupe réglée des pays de l’UE par l’Allemagne

Les dirigeants allemands fiers de leurs entreprises avec leurs personnels de qualité, travailleurs, compétents et productifs, n’ont rien remarqué, n’ont pas analysé les rapports avec leurs pays clients de l’UE…ou font semblant « cyniquement » de tout ignorer. On peut les comprendre !

Les dirigeants des pays clients à la balance commerciale déficitaire et fournisseurs de la grande masse des immigrés de travail formés par leurs pays d’origine, ne voient rien et même se réjouissent que l’Allemagne fournisse des emplois à leurs jeunes bien formés et sans emplois ! Tous les experts économistes et financiers, et même les démographes sont aveugles : ils s’inquiètent de la faible démographie de l’Allemagne (alors que la population augmente avec l’afflux d’immigrés qualifiés) pour l’équiibre des retraites dans les prochaines décennies. Ils vont même jusqu’à se réjouir de la bonne démographie de la France (en moyenne plus 200 000 excédents de naissances sur décès depuis la fin de la guerre), car se sont les jeunes devenus « actifs » qui financeront les retraites des inactifs, sauf que ces jeunes sont en partie sans emploi, et pour quelques-uns s’expatrient sans financer les caisses de retraites des Français !

Les dirigeants et les économistes des pays déficitaires et fournisseurs d’immigrés à l’Allemagne devraient -au minimum- communiquer explicitement sur les conséquences des déséquilibres présentés ci-dessus.

Ils devraient aussi marteler que la libre circulation des travailleurs impose soit des compensations financières interétatiques pour les frais « d’élevage » (éducation, santé, formation professionnelle…) des immigrés des pays d’accueil versées aux pays d’origine, soit une intégration budgétaire communautaire pour les susdites dépenses.

En attendant l’hypothétique application de ces mesures il serait bon d’inciter l’Allemagne à investir massivement dans les pays de l’UE et surtout de l’eurozone pour créer des emplois et de la production de richesses. Sinon, qu’au moins elle permettent la modification des statuts et fonctions de la BCE afin que cette dernière puisse financer -à taux zéro- et à très long terme, les travaux et équipements créateurs d’emplois nouveaux dans le cadre de la lutte contre le changement climatique et pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

 

Ange ou Démon  ??

Pour se prononcer il faut que l’Allemagne face un choix : soit elle « reconstruit » un empire germanique avec les pays frères de la middle europa (et l’Autriche) et renoue avec ses démons de grande puissance dominante, soit elle reconstruit l’Empire de Charlemagne avec la France, l’Italie, le Bénélux et l’Espagne, (et aussi avec la Pologne incluse autrefois dans la grande Prusse) en faisant appel à sa raison et à son coeur : ce sera alors un Ange ! Le départ des Anglais avec le Brexit, hostiles à toute construction intégrée européenne, devrait enfin favoriser cette dernière espérance.





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