les trois gauchos « tendance punk à chien qui pue la pisse » lui répondent



Long manteau noir déboutonné, coude posé sur le zinc, lumière blafarde : l’homme qui vient d’entrer dans ce café populaire du centre-ville de Saint-Denis (Seine Saint-Denis), à deux pas de la basilique, tente de se fondre dans le décor. Mais son arrivée « en fanfare » a quelque peu compromis le scénario.

« Nous étions tranquillement en train de boire un verre quand un homme annonce l’arrivée d’Alexandre Benalla comme on présente un prince en son royaume » détaille à « l’Obs » Colette, Dyonisienne depuis cinq ans.

Ce qui devait être une simple visite de campagne à l’approche des municipales de 2020 se transforme en un spectacle où les insultes fusent :

« On n’aime pas les fachos. (…) Benalla, casse-toi ! » lance Colette et ses deux amis.« Gauchos tendance punk à chien qui pue la pisse » écrira sur Twitter Alexandre Benalla.

Le candidat centriste aux élections municipales à Saint-Denis, Houari Guermat, qui se trouvait dans le même café, a lui décrit, dans une publication depuis supprimée de sa page Facebook, « 3 ivrognes d’extrême gauche ».

Benalla fait campagne à Saint-Denis pour les municipales

Les trois amis ont filmé l’échange, à retrouver dans la vidéo ci-dessous :

Colette, travailleuse sociale dans une association de la sous-préfecture de Seine-Sant-Denis, regrette de ne pas avoir pu échanger sur le fond avec Alexandre Benalla :

« J’ai voulu comprendre ce qu’il pouvait apporter à une ville comme Saint-Denis, territoire qu’il ne connaît pas, et la seule chose qu’il m’a répondue a été ’ma femme est née à Saint-Denis, et moi je viens de banlieue’. »L’enquête sur le coffre-fort de Benalla confiée à un juge d’instruction

Alexandre Benalla, contacté par « l’Obs », n’a ni confirmé ni infirmé ses dires. Il s’est tenu à ses déclarations postées sur Twitter.

En insistant un peu, Colette obtient une réponse :

« ’Il faut faire des choses concernant la drogue… Il y a des gens qui se piquent par intraveineuse rue de la République’ m’a-t-il avancé. »

Cette militante contre les discriminations et pour les droits sociaux, qui n’est affiliée à aucun parti politique, argumente :

« En cinq ans, je n’ai rien vu de tel dans cette rue du centre-ville. J’ai essayé de le faire développer, mais lui les compare à des zombies. Puis me taxe de communautariste. Quel mépris. »

Un échange relaté par Alexandre Benalla :

Une des femmes présentes ce mercredi soir (et qui préfère rester anonyme) rapporte s’être fait appeler « clocharde » par le membre de l’UDI Houari Guermat présent aux côtés de Benalla.

« Ils veulent être élus de la République mais méprisent les femmes, les pauvres, les faibles. Embêtant quand le job est de représenter une ville populaire comme Saint-Denis. »

Avec 37,8% de pauvres, cette ville compte parmi les vingt communes les plus pauvres de France. On attend le programme en la matière du lieutenant-colonel de réserve Benalla pour de prochains débats avec les habitants de Saint-Denis.





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