déçue, la députée Jennifer de Temmerman quitte le groupe LREM à l’Assemblée


Et un nouveau départ au sein du groupe LREM. Déçue par le gouvernement, la députée du Nord Jennifer de Temmerman a annoncé mercredi 13 novembre qu’elle claquait la porte du groupe La République en marche à l’Assemblée nationale. Le résultat d’un « processus » qu’elle explique dans un communiqué ainsi que dans un entretien avec le « Monde ».

A l’origine de sa décision, la perte d’un espoir. Celui qui l’avait poussé à rester au sein de la majorité après la décision de Nicolas de quitter le gouvernement il y a un an, alors qu’il était ministère de la Transition écologique et solidaire. A l’époque, convaincue qu’Emmanuel Macron va dans la bonne direction, elle avait écrit une tribune intitulée « Pourquoi je reste ».

« On est beaucoup à avoir vécu sa démission comme un abandon, se souvient-elle auprès du « Monde ». A partir de là, je me suis donné un an pour réfléchir, pour voir ce que je peux faire à l’intérieur. »

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Et un an plus tard, le ton a changé : dans un communiqué intitulé « Pourquoi je pars », Jennifer de Temmerman met en cause certaines mesures dans lesquelles elle ne se « retrouve pas », comme la réforme sur l’Aide médicale d’Etat (AME), qui « confortent les discours d’extrême droite tenus depuis des années ».

Interrogée par le « Monde », elle fustige ces annonces sur la politique migratoire annoncées par le gouvernement il y a une semaine : « Ces mesures ne vont pas changer grand-chose, on parle de 15 millions d’euros sur un budget de 1 milliard alors pourquoi le fait-on ? Pour porter un discours politique à charge contre les migrants », s’indigne-t-elle. « Moi, je ne suis pas venue pour ça, mais au contraire pour combattre les idées de l’extrême droite ».

« Le signal envoyé n’est pas le bon »

Autre détail qui coince pour la députée, les méthodes très « ancien monde » de son parti, qui promettait pourtant de dépoussiérer la politique après l’élection d’Emmanuel Macron en 2017. Elle cite notamment la situation de Richard Ferrand, le président de l’Assemblée nationale qui refuse de démissionner malgré une mise en examen. « Ce n’est pas personnel, c’est une question d’image. Les Français demandent de l’exemplarité. Le signal envoyé n’est pas le bon », estime-t-elle auprès du « Monde ».

La relation développée entre l’exécutif et le groupe parlementaire la met également mal à l’aise. « Pour les législatives, on est venu chercher des gens qui avaient des compétences, mais quand on essaie de les exprimer on nous dit « tu les gardes pour toi » », explique-t-elle.

La députée du Nord, ancienne professeure de lettres classiques et gestionnaire de collège, novice en politique, n’oublie pas de rappeler les « réussites » qui l’ont un temps confortée dans sa décision de reste au sein du groupe parlementaire : en autres, la lutte pour l’égalité femme-homme ou encore l’ouverture de la PMA pour toutes. Pas assez pour la faire rester. « Aujourd’hui et dans les conditions actuelles, l’espoir est vain », écrit-elle. Elle déclare cependant qu’elle « continuera d’agir » pour « porter les objectifs de développement durable, pour les droits humains, pour la démocratie ».

Il y a une semaine déjà, après le vote de mesures sur l’immigration, elle avait annoncé se mettre en retrait. « Où est notre âme ? », avait lancé à ses collègues cette parlementaire d’ordinaire discrète dans l’hémicycle. « Où est cet esprit qui nous animait lorsque nous sommes venus ici rénover la politique ? »

Le départ de Jennifer de Temmerman est le 11e dans le groupe de la majorité à l’Assemblée, depuis sa naissance en juin 2017. Parmi eux, on compte notamment l’écologiste Matthieu Orphelin (député du Maine-et-Loire) ou encore dernièrement Albane Gaillot (députée du Val-de-Marne). Les uns dénoncent la politique de LREM, les autres pointent du doigt, à l’instar de Jennifer de Temmerman, le fonctionnement même du groupe.

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313 à l’origine, sans Jennifer de Temmerman, ils ne seront plus que 303 députés, dont 4 apparentés. De là à bientôt passer en dessous de la barre des 300 élus ? Certains s’en inquiètent. Car la majorité absolue, établie à 289 députés, n’est plus très loin.

L'Obs





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