Osons intervenir dans la crise climatique -1-



L’idée que l’on peut faire quelque chose est là, ancrée profond en certain.e.s d’entre nous. C’est ainsi ! Peut-être sommes nous directement relié à Spinoza qui déjà en son temps disait. « On ne peut rester inactif quand nous sommes menacés de destruction ». Alors on bouge. En fait on peut toutes et tous bouger. Et cette crise qui vient quand même par le nombre, nous pourrons l’arrêter par le nombre.

Une conviction

Pluies diluviennes, sécheresses, ouragans, canicules… montée des eaux… certes la nature est terrible, mais également la natures est belle, la nature est grande, la nature est merveilleuse et forte, elle est complexe et résiliente, elle est souvent équilibrée et productive, inspirante – et nous sommes de la nature – et comme elle, nous sommes imprévisibles et capables du meilleur.

Deux bonnes nouvelles

La crise a deux sources. D’une part nous ne savons pas nous entendre avec la nature, nous ne faisons pas attention à elle, nous l’exploitons, la négligeons et d’autre part les affaires humaines sont mal conduites, nous sommes en particulier bien trop peu nombreux à participer à la vie politique et sociale de nos territoires. Nous avons donc deux choses à faire : nous rapprocher de la nature pour donner réalité au principe d’interdépendance, tout premier principe de l’écologie et participer davantage à la vie de la cité. Et là deux bonnes nouvelles : nous sommes toutes et tous des passeurs de nature et deuxième bonne nouvelle, la participation citoyenne ça s’apprend par le biais de pédagogies actives et elles sont très faciles à mettre en œuvre donc à la porté de nous toutes et tous.

Nous sommes passeurs de nature

A propos de notre relation à la nature le sujet est des plus simples : il suffit d’arriver à un sentiment d’accord. Oui c’est bien d’expliquer, de raisonner, de comprendre… mais là n’est pas l’essentiel, cela ne provoque pas forcément le changement d’attitude. Or la crise écologique nous impose un changement qui s’inscrit concrètement dans les faits. Ce changement demande de nous des connaissances et ces connaissances découlent d’expériences. Les expériences de nature que nous pouvons vivre dès le plus jeune âge, comme marcher en forêt ou pique-niquer au bord de la rivière vont nous permettre de faire la connexion avec les bêtes, les herbes, les arbres, les rivières, le vent… et naturellement de sceller l’accord. Nous aurons alors le même destin que les bêtes, les herbes, les arbres, les rivières. Il s’agit d’écoute souvent, il s’agit de se mettre en retrait, il s’agit d’humilité et d’attention. Lever les yeux vers une hirondelle dans le ciel devant un enfant, c’est être passeur de nature. On signifie ainsi à l’enfant – l’hirondelle compte – ça suffit, c’est gagné. Suivant les individus elles sont plus ou moins nombreuses ces expériences de nature que nous avons vécues, mais toutes et tous nous avons vécu des expériences positives en nature ne serai-ce que d’apprécier la grâce d’un soir d’été au bord de la rivière. Il suffit de le partager, par la communication (et nous les humains nous sommes experts de cela) et de la transmettre à d’autres. Toutes et tous nous pouvons nous appuyer sur nos bonnes expériences de nature pour initier un enfant, c’est urgent. Des livres peuvent nous y aider comme «  L’enfant dans la nature  » (Pour une révolution verte de l’éducation) qui vient de sortir et fait un remarquable tour de la question.

L’inverse des pommes empoisonnées des contes de fées

Les pédagogies actives nous permettent de faire ensemble. Or au pied du mur où nous nous trouvons aujourd’hui, nous sommes obligés maintenant de faire ensemble. L’éducation populaire, elle veut juste développer l’esprit critique, l’autonomie et la créativité des individus, tout cela va ensemble. Nous pouvons faire de bons débats mouvants c’est marrant et des boules de neige y compris en plein été, des world café et encore des porteurs de parole… des élections sans candidat… il y a le choix. Cela fait plus de cent ans que l’éducation populaire travaille à la question du changement collectif. Elle a produit des fruits qui sont l’inverse des pommes empoisonnées des contes de fées. Ce sont des fruits qui réveillent, des fruits qui nous sortent de l’anesthésie, ils nous aident à bouger. Mûris par Freinet, Montessori, Steiner, Neills, Decroly… et tant d’autres, hélas ces fruits sont restés à l’arrière boutique, ils ont été relégués à l’arrière plan, ils constituent pourtant un immense trésor. C’est l’heure d’aller le chercher. Nous en avons besoin. Certains s’en chargent : Lepage, l’Université du nous, les Colibris…

Intelligence collective

Cette éducation populaire elle repose sur trois piliers. Elle nous aide à prendre conscience. Prendre conscience que quelque chose ne va pas. Prendre conscience à quelle sauce nous sommes mangés. Se rendre compte des choses qui sont sous nos yeux depuis des années ou que nous faisons depuis des années sans en percevoir les conséquences… Notre alimentation qui est souvent toxique et favorise une agriculture toxique, peut beaucoup s’améliorer par exemple, pour notre bien, le bien de notre territoire, le bien de la Terre et de tous les humains. L’éducation populaire nous aide à nous émanciper. Il s’agit de se libérer de ses peurs, de s’affranchir de ses représentations et de ses aprioris. Sortir de nos conditionnements, c’est aller vers la liberté. Enfin cette éducation populaire elle donne les moyens d’agir. Débat mouvant, boule de neige, porteur de parole… sont autant d’outils qu’il est facile de maitriser, on peut facilement en apprendre le maniement, puis prendre l’initiative de les mettre en œuvre.

Où se fonde le sentiment d’accord

Ce que nous demandons à l’éducation populaire c’est de mettre en œuvre l’intelligence collective – rien d’autre – Créer du lien entre nous. Tant dans notre relation à la nature que dans notre relation aux autres nous avons évidement raison d’impliquer la dimension intellectuelle dans les apprentissages, mais nous devons impliquer le corps aussi, la dimension physique, impliquer la dimension affective et la dimension spirituelle là où se fonde le sentiment d’accord tant avec la nature qu’avec les autres nos semblables. Qu’est-ce qu’une éducation réussie ? L’urgence climatique nous invite à le redéfinir. L’urgence n’est pas de s’interroger sur les contenus des enseignements, mais plutôt sur la démarche, sur la façon, sur la méthode. Dans le niveau de crise où nous sommes une éducation réussie nous aide à participer à la résolution de la crise climatique. L’éducation de Greta Thunberg est particulièrement réussie. Elle et nombreuses autour d’elle prennent des initiatives… c’est vital ! Osons !





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