l’adieu au siècle, par Jean Daniel



Cet article, paru dans « le Nouvel Observateur » n°1317 du 1er février 1990, figure dans le cahier « Spécial mur de Berlin » de « l’Obs », en kiosques jeudi 7 novembre.

Depuis le 9 novembre dernier, l’Europe est en état de choc et le monde en situation d’incertitude. Nous avions cerné le Mal et tantôt nous le combattions, tantôt nous nous y adossions. A la place du Mal, nous ne discernons plus que l’imprévisible et, privés de tout appui, nous avons parfois le vertige.

Pourquoi cette date choisie du 9 novembre 1989 ? Parce que le mur de Berlin ne rappelait pas seulement la division de l’Allemagne. C’était le symbole d’un partage du monde et, de chaque côté de la ligne de partage, il y avait deux conceptions différentes de la vie, de l’homme, de la société. Le « mur de la honte » était aussi une grande muraille de soutènement.

Que va-t-on mettre à la place de ce mur ? Dans l’euphorie attendue des libérations en chaîne, on a aussitôt répondu : surtout, rien ! Seulement la liberté ! Autrement dit, le communisme n’a été qu’une parenthèse tragique et il suffit de la fermer pour que la vie normale reprenne son cours dans une Europe sans frontières et un Occident sans conflits. Mais le cours normal, c’était quoi ? Quelques clichés résument ce cours : la poudrière des Balkans, la question d’Orient, le pangermanisme, la perfide Albion et le panslavisme. Maison commune ? L’Europe de l’Atlantique à l’Oural ? Ce serait trop simple. Ici, le politique doit s’appuyer sur la psychanalyse histori

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