ce qu’il s’est passé à Berlin le jour de la chute du Mur


Cet article, paru dans « le Nouvel Observateur » n°1306 du 16 novembre 1989, figure dans le cahier « Spécial mur de Berlin » de « l’Obs », en kiosques jeudi 7 novembre.

On les reconnaît à leurs chaussures, à leurs jeans – c’est toujours le même tissu délavé cheap –, à leurs cheveux ternes… Encore effarés et ravis de l’invasion pacifique de ces extraterrestres – « Die da drüben » (« ceux de l’autre côté ») – surgis en vagues hébétées de derrière le Mur, les Berlinois de l’Ouest (les « Wessies »), au bout de ce week-end de folie sourde, n’osent encore l’admettre : ils sont si différents, ces frères, si pauvres…

Il n’est pas « tombé », il n’a pas été détruit sauvagement, c’est comme un effritement spontané, « comme un miracle », l’expression revient sans cesse dans la bouche des Allemands de l’Est (les « Ossies »), imprégnés d’images bibliques clandestines, de morale, où des mots comme le bien, le mal, la liberté, le mensonge ou d’autres encore, anciens, comme iniquité, prévaricateur, servitude et espérance, les touchent droit à l’âme. Ils évoquent également les murs de Jéricho ; et la presse de l’Ouest reprend l’image à son compte, à longueur de commentaires, tant l’événement est inconcevable, tant la rationalité journalistique est impuissante à saisir les choses. « La guerre est finie, le Mal est vaincu, la paix est là. Le mur s’est effondré sous les chants, comme jadis les murs de Jéricho », lit-on, par exemple, dans le magazine populaire « Bunte ». Et « Bild Zeitung », le quot

Pour lire les 90 % restants,
testez l’offre à 1€ sans engagement.
L'Obs





Source link

A lire aussi

Laisser un commentaire