Plutt que de passer l’action, Macron entend nous sortir d’abord de la confusion


Emmanuel Macron ne prendra la parole qu’à la mi-novembre sur les questions du voile islamique et de la laïcité car il souhaite, dit-il, prendre le temps pour s’assurer que l’on sorte de la confusion qui règne sur ces questions. On remarquera qu’à peine trois semaines après l’attentat majeur de la préfecture de police, l’agenda du président de la république s’est laissé déterminer par l’activisme islamiste du CCIF. La priorité n’est plus à la lutte contre l’islamisme qui tue policiers et civils, elle n’est plus à la « vigilance citoyenne » appelée de ses vœux, laquelle, soit dit en passant, y est peut être pour un peu dans l’épisode de la femme voilée du conseil régional. D’autant plus que la finesse des critères de radicalisation énoncés par l’inénarrable Castaner ne pouvait que contribuer à aiguiser le discernement citoyen sur ces questions.

 

Mais essayons d’imaginer de quelle confusion notre président philosophe envisage de nous extirper. S’agit-il de celle qui consisterait à ne faire aucune distinction entre musulmans, islam et culture musulmane ? Ou bien de celle qui mélangerait allègrement pratique apaisée d’une tradition et adhésion fanatique à une idéologie politisée. Ou bien encore celle qui prétendrait trouver dans l’histoire de l’islam une justification des événements qui ensanglantent notre pays depuis 2012 ? A moins qu’il s’agisse de la confusion crasse qui irait jusqu’à supposer que l’état social et culturel des 57 pays de la coopération islamique mondiale pourrait avoir quelque à voir chose avec un corps de doctrine constitué qui met ces pays dans l’obligation de ne pas reconnaître la déclaration universelle des droits de l’homme et de ne souscrire qu’à une déclaration universelle des droits de l’homme en pays musulmans ? Ne faisons pas de procès d’intentions et attendons patiemment que notre président vienne nous éclairer, nous sortant des ombres projetées de notre ignorance et de nos préjugés. Cela nous sera d’autant plus facile qu’aucun sentiment d’urgence ne devrait tarauder nos concitoyens occupés qu’ils sont à préparer les fêtes de Noël, pardon, les fêtes de fin d’année. Personne ne pourrait en ces circonstances oser demander les signes d’une action concrète et efficace. Le maintien en place de l’imam de Gonesse, mentor d’un Mickaël Harpon sera bien sûr interprété comme le gage donné à un président philosophe au temps de réflexion qui lui est indispensable pour nous sortir des brumes populistes qui pourraient embuer notre discernement. Ce seront d’ailleurs les mêmes brumes aveuglantes qui pourraient nous faire envisager que la doctrine et la biographie de Mahomet pourrait expliquer quelque chose des actes d’un djiadiste alors qu’à contrario le passage à l’acte du vieil homme de Bayonne ne serait dû qu’à sa ferveur pour Eric Zemmour comme semblent déjà nous le suggérer de nombreux faiseurs d’opinion. Attendons donc la mi-novembre et surtout, n’allons pas penser que l’inaction d’un président qui prend le temps de la réflexion philosophique pourrait donner envie à certains citoyens confus et embrumés de passer à une action coupable et désordonnée.

 





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