L’ambassadeur de France en Bosnie convoqué après une interview de Macron


Le président en exercice bosnien, Zeljko Komsic, a convoqué vendredi 8 novembre l’ambassadeur de France à Sarajevo, après des propos d’Emmanuel Macron qui a qualifié la Bosnie de « bombe à retardement » en évoquant le retour de djihadistes dans ce pays des Balkans.

Dans un entretien avec l’hebdomadaire « The Economist », rendu public jeudi, le président français a déclaré qu’il était préoccupé par la situation en Bosnie, plus que dans d’autres pays des Balkans.

« […] si vous vous préoccupez de la région, la première question c’est avant la Macédoine et l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine. La bombe à retardement qui fait tic-tac à côté de la Croatie (pays membre de l’UE) et qui est confrontée au problème du retour de djihadistes, c’est la Bosnie-Herzégovine ».

Une centaine de ressortissants bosniens se trouvent actuellement dans des camps dans le nord de la Syrie, avait récemment déclaré le Premier ministre bosnien Denis Zvizdic. Selon la Radio Free Europe, il s’agit de 23 hommes, 27 femmes et une soixantaine d’enfants.

Plusieurs dizaines d’hommes sont déjà retournés dans le pays et la plupart ont été traduits devant la justice, qui se voit parfois reprocher de prononcer à leur encontre des peines trop clémentes.

Plus de 80 auraient été tués dans les combats, selon les médias bosniens.

« entièrement infondé »

Dans un communiqué, le cabinet de Zeljko Komsic, qui est membre croate de la présidence de Bosnie, explique que le dirigeant bosnien a présenté à l’ambassadeur de France, Guillaume Rousson, « des chiffres précis » sur le nombre de ressortissants bosniens qui se trouvaient sur le front à l’étranger ou qui y sont toujours.

« Le président en exercice a souligné que la Bosnie-Herzégovine participe avec succès à la lutte contre le terrorisme » […] et que la France et d’autres pays […] peuvent compter sur le soutien de la Bosnie « dans ce domaine », lit-on dans le communiqué qui, toutefois, n’évoque pas les propos du président français.

Sa déclaration a provoqué de vives réactions à Sarajevo, notamment des responsables bosniaques (musulmans).

« Si c’est bien le contexte de la déclaration (la menace djihadiste, ndlr), alors il s’agit de quelque chose d’entièrement infondé et qui ne correspond pas aux faits », a déclaré le membre bosniaque (musulman) de la présidence Sefik Dzaferovic.

La convocation de l’ambassadeur ne fait pas l’unanimité au sein de la présidence tripartite (bosniaque, croate, serbe). Son membre serbe, Milorad Dodik, souvent en désaccord avec ses deux collègues, a déclaré qu’ « il ne s’agit pas de l’opinion de la Bosnie-Herzégovine », faute d’un consensus sur cette question au sein de la présidence.

L'Obs





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