Test Blu-ray : Les vampires de Salem


Les vampires de Salem

 
États-Unis : 1979
Titre original : Salem’s Lot
Réalisation : Tobe Hooper
Scénario : Paul Monash
Acteurs : David Soul, James Mason, Lance Kerwin
Éditeur : Warner bros.
Durée : 3h03
Genre : Fantastique
Date de sortie cinéma : 10 septembre 1980
Date de sortie DVD/BR : 2 octobre 2019

 

Ben Mears revient à Salem, son village natal. Très vite, il doit se rendre à l’évidence : il se passe des choses étranges dans cette petite bourgade. Dans la vaste et antique maison qui domine Salem, de nouveaux et mystérieux habitants sont responsables de la malédiction qui règne maintenant sur la petite communauté…

 


 

La mini-série

[3,5/5]

Après Massacre à la tronçonneuse (1974) et Le crocodile de la mort (1976), Tobe Hooper fut invité à délaisser pour un temps les rednecks crasseux et psychopathes de l’Amérique profonde pour se consacrer à Salem’s Lot, petite bourgade du Maine en proie aux forces de la nuit. On veut bien sûr évoquer Les vampires de Salem, adaptation du roman de Stephen King intitulé Salem. Un temps prévu sous la forme d’un film de cinéma, le projet Salem’s Lot devait à l’origine être mis en scène par George A. Romero et écrit par Stirling Silliphant et Larry Cohen. Devant les difficultés rencontrées par les deux scénaristes afin de condenser le roman en un long-métrage de deux heures, Warner prit le parti d’en faire une mini-série à destination de la télévision, d’une durée plus confortable de trois heures. En revanche, en France comme dans d’autres pays d’Europe, Les vampires de Salem fut distribué en tant que film en 1980, dans une version raccourcie durant un peu moins de deux heures. Pour la petite histoire, il fallut attendre 2007 et la sortie du DVD édité par Warner pour découvrir dans l’hexagone et dans sa forme originale la mini-série adaptée du roman de Stephen King…

A quelques menus détails près, le travail d’adaptation du roman par Paul Monash respecte plutôt la trame du roman de King. Côté réalisation, Tobe Hooper réussit à livrer, malgré un budget limité, quelques plans formellement très réussis, et à mettre en scène une poignée de séquences s’avérant encore assez efficaces 40 ans après leur réalisation. Dans la dernière partie du récit, c’est à dire durant toute la très belle séquence prenant place dans la lugubre « Marsten House », on ne pourra pas louper les références visuelles à Massacre à la tronçonneuse : outre les murs entièrement ornés de cranes et de cornes d’animaux, certains plans évoquent furieusement le film de 1974 – on pense notamment à ce plan de James Mason ouvrant la porte de la chambre à l’étage, cadré de la même manière que la tétanisante apparition de Leatherface ouvrant sa chambre froide dans Massacre. On aurait même tendance à trouver que les étranges cris du vampire Barlow (visuellement conçu comme un hommage au Nosferatu de Murnau) ressemblent beaucoup au vrombissement d’une tronçonneuse… Bref, l’ensemble s’avère contre toute attente assez cohérent dans la filmographie du cinéaste, et si on n’est ni en présence du meilleur film de Tobe Hooper, ni de la meilleure adaptation d’un roman de Stephen King, ce Salem’s Lot s’avère suffisamment rythmé et solidement mis en boite pour remporter l’adhésion et nous faire passer un bon moment.

Et puis surtout, Les vampires de Salem est porté par un casting solide, composé de têtes connues et d’acteurs souvent excellents. Outre James Mason, acteur incontournable des années 50/60, on trouve dans la peau du héros un David Soul tout en retenue : tout juste sorti de Starsky et Hutch, il était à l’époque au sommet de sa popularité, qui déclinerait ensuite lentement tout au long des années 80. A leurs côtés, on retrouvera d’autres acteurs sympathiques, tels que Bonnie Bedelia, qui ne fut donc pas seulement Holly McClane dans Piège de cristal / 58 minutes pour vivre, Ed Flanders, révélé par le cinéma de William Peter Blatty (La neuvième configuration, L’exorciste – La suite), Fred Willard, tête connue des amateurs de comédies américaines (Ron Burgundy, Harold & Kumar…) George Dzundza et Geoffrey Lewis, éternels seconds-rôles du cinéma US, ou encore Elisha Cook Jr, inoubliable acteur de L’ultime razzia, qui prête son regard de chien fou à un vieux vagabond un peu trop curieux.

 

 

Le Blu-ray

[4/5]

Épuisé sur le marché du DVD depuis quelques années, Les vampires de Salem arrondissait jusqu’ici les fins de mois des spéculateurs du marché de la vidéo. Heureusement, l’arrivée du Blu-ray made in Warner bros risque bien de faire chuter la côte jusqu’ici très élevée de la version DVD, d’autant que côté Blu-ray, Warner bros nous livre une galette de bien belle tenue : format 1.33 d’origine respecté, encodage en 1080p, préservation du grain d’origine, piqué de fou, couleurs pimpantes, noirs profonds et profondeur de champ très satisfaisante : il n’y a rien à redire… Si ce n’est peut-être que dans la dernière partie de la série (les 45 dernières minutes), durant lesquelles les contrastes semblent tout à coup poussés dans les derniers retranchements, au point malheureusement de « boucher » un peu durant la scène au cœur de la « Marsten House ». Côté son, la VO est proposée en DTS-HD Master Audio 2.0 mono d’origine, tandis que la VF hérite du mixage Dolby Digital 2.0 déjà disponible sur le DVD. Il s’agit ici de la « nouvelle » version française, enregistrée en 2007 à l’occasion de la sortie de la version intégrale en France : la voix de David Soul n’est donc pas doublée, comme à l’époque de la sortie en salles, par Francis Lax (qui le doublait dans Starsky et Hutch), mais par Lionel Tua, doubleur habituel d’Owen Wilson.

Du côté des suppléments, on trouvera, outre la traditionnelle bande-annonce, un très intéressant commentaire audio de Tobe Hooper : même s’il laisse parfois s’installer de longs moments de silence (trois heures, c’est long, surtout quand on assure l’exercice tout seul), le cinéaste partagera une poignée de souvenirs et d’anecdotes concernant le tournage. Le commentaire sera en revanche à réserver aux anglophones confirmés puisqu’il ne dispose pas de sous-titres français.

On notera également que le Blu-ray des Vampires de Salem édité par Warner bros. est présenté dans un superbe Steelbook aux couleurs du film.

 



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