Et si on crait un Collge de France en Aquitaine


 

JPEG C’est en 2030 que seront célébrés les 500 ans de la naissance du Collège de France, institution héritée de François Ier dont la mission autant que l’ambition est d’enseigner « le savoir en train de se constituer dans tous les domaines des lettres, des sciences ou des arts ». Le Collège dispense donc des cours de haut niveau qui sont gratuits, non diplômants et ouverts à tous sans condition ni inscription. Cela en fait un lieu à part dans le paysage intellectuel français. « Sa fondation remonte à l’époque de François Ier, lorsqu’en 1530 son « maître de librairie », le grand traducteur d’œuvres antiques Guillaume Budé, lui suggère d’instituer un collège de « lecteurs royaux », en se basant sur ce qui se fait au collège des trois langues de Louvain. Des humanistes payés par le roi sont chargés d’enseigner des disciplines que l’université de Paris ignore. Dès lors le Collège royal, dont la devise est « Docet omnia » (Il enseigne tout), reste un des lieux d’excellence de la transmission du savoir en France » (Wikipédia).

 

 « Le Collège de France dispense des cours non diplômants de haut niveau dans ces disciplines scientifiques et littéraires. L’enseignement est gratuit et ouvert à tous sans inscription, ce qui en fait un lieu à part dans l’enseignement supérieur français. Le Collège de France favorise l’interdisciplinarité »

 

 Si personne ne peut douter de l’utilité du Collège de France, en revanche, on pourra questionner sur les nominations dans cette prestigieuse institution. Comme l’a déclaré le Nobel de physique Claude Cohen-Tannoudji, ce lieu dans lequel il enseigna pendant des année offre aux savants un lieu unique dans lequel ils peuvent se consacrer uniquement à l’élaboration d’une série de cours et de séminaires dans des conditions idéales pour inventer car les enseignants sont exemptés des tâches administratives et d’un enseignement visant à former des diplômée et donc se prêtant à la production d’épreuves et autres partiels dont le suivi nécessite un temps de travail conséquent. L’université française n’a pas une conscience éclairée de l’antagonisme entre produire des savoirs et fabriquer des diplômés. Parvenu à un certain niveau de connaissance, le chercheur doit être libéré des contraintes universitaires pour accéder au palier supérieur qui caractérise les savants et non pas les scientifiques.

 

 Il y a 500 ans : « Des humanistes payés par le roi sont chargés d’enseigner des disciplines que l’université de Paris ignore »

 Actuellement il faudrait édicter comme principe : « Des savants payés par les collectivités sont chargés de produire et d’enseigner des connaissances que l’université française ne peut pas développer car elle est professionnalisée, spécialisée, fonctionnalisée et trop contraignante  ».

 

 Le Collège de France est lieu d’excellence permettant de produire des connaissances nouvelles, notamment par un travail transdisciplinaire, et ne doit pas se cantonner à être une vitrine pour diffuser les recherches effectuées par ailleurs. Etre professeur au Collège de France nécessite un certain esprit, ouverture, indépendance, autonomie, liberté. Lévi-Strauss et Foucault étaient parfaitement dans l’esprit de cette institution. A notre époque de normalisation, de standardisation, de précaution, de peurs face au chaos complotiste et autres fake news, cet esprit s’est perdu progressivement. Etre professeur au Collège de France c’est témoigner d’une authentique vocation pour les savoirs universels. Eliade et Caillois auraient pu y être accueillis.

 

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 Cela étant, à notre époque qui se veut décentralisatrice, pourquoi ne pas oser créer des Collèges de France dans les régions. Pourquoi les Lyonnais, Nantais, Toulousains, Niçois, Bordelais, Lillois, n’auraient-ils pas accès à ces enseignements de haut niveau dispensés dans des lieux indépendants de l’Université par de subtils professeurs s’il en reste. Une métropole rayonne non seulement par son industrie dynamique mais aussi par ses prestigieuses institutions parmi lesquelles comptent les lieux dédiés aux savoir, université, centre de recherche. Heidelberg compte à peine plus de 100 000 âmes et pourtant elle est connue dans le monde entier par son université, la plus ancienne d’Allemagne mais aussi l’une des plus prestigieuses, en physique, médecine et philosophie. 

 

 Pour ma part, je suis prêt à tenter l’aventure sur Bordeaux mais seul, ce projet est voué à l’échec. Déjà il y a 20 ans j’avais imaginé un centre d’ontologie fondamentale dédié à l’examen de quatre questions : que sont la matière et cosmos, les êtres vivants, les hommes, les sociétés. J’ai déjà publiés quatre livres conçus comme des cours pour Collège de France, avec un nouvel esprit, encore plus transversal au risque de perdre les détails du spécialiste ou de l’érudit. En revanche, s’il est question d’enseigner un savoir qui n’est pas représenté dans les institutions, je pense être l’homme de la situation, avec un nouveau paradigme couvrant les sciences physiques, biologiques, humaine. Plus que jamais, la société a besoin de rassembler les sciences et les humanités.

 

 Si ce projet doit se faire, il commencera par l’action des acteurs sur les réseaux sociaux, avec une visibilité et une bienveillance véhiculée par les amis des sciences et des lettres. Je suis chercheur mais pour me trouver, il faut me chercher. Qui serait intéressé sur Bordeaux ? Cette institution pourrait être désigne comme Collège d’Aquithènes, référence à l’Ecole néoplatonicienne d’Athènes où enseigna le grand maître Proclus. 

 





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