Cédric Villani, un candidat qui ne rentre pas dans les cases


« Elle est unique, avant-gardiste, elle a changé le monde avec sa voix ! Regardez, elle ouvre les bras, elle conquiert le monde avec son cœur et pas avec des armes. La passion ! » Dans son bureau de l’Assemblée nationale, Cédric Villani fait face à l’immense photo en noir et blanc. Il écarte ses bras, comme la chanteuse aux cheveux longs et au beau visage grave écarte les siens, devant son micro. Il reste ainsi quelques secondes, immobile, silencieux, comme suspendu. Il nous a oubliés. Cette photo dédicacée, il l’a longuement réclamée à Catherine Ribeiro, chanteuse perchée des années 1970 à la voix rauque et puissante. En la regardant, il doit revivre ces mois passés à l’écouter en boucle, pendant qu’il griffonnait des équations, agenouillé sur le sol.

C’était à l’université de Princeton, aux Etats-Unis. Il y a travaillé comme un fou pour obtenir ce qui a fait de lui un des mathématiciens les plus connus au monde : la médaille Fields, l’équivalent du prix Nobel de mathématiques. C’était en 2010, il y a bientôt dix ans. Depuis, il a parcouru la planète pour faire ses conférences, écrit des livres, dirigé l’Institut Henri-Poincaré, a été élu député de l’Essonne sous la bannière La République en Marche, écrit un rapport très remarqué sur l’intelligence artificielle… Et maintenant, cette photo de Catherine Ribeiro, il rêve de l’accrocher dans un autre bureau, beaucoup plus grand : celui de l’hôtel de ville de Paris. Il y a deux mois, alors que le parti macroniste avait déjà choisi

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L'Obs





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