de la 5e division à l’Europe, Strasbourg revient de (très) loin



La joie contenue de Marc Keller et le rictus qui accompagne la poignée de mains au vaincu dit tout de ce que le Racing Club de Strasbourg a vécu pour en arriver là, entre le dépôt de bilan du club (en 2011) et l’humilité de la démarche entreprise pour retrouver les sommets. Après avoir failli disparaître il y a près de dix ans, le club alsacien a remporté, ce samedi face à Guingamp (0-0, 4 tab à 1), la Coupe de la Ligue et mis fin à l’hégémonie du Paris Saint-Germain, quintuple tenant du titre.

Trois saisons délicates en National

L’histoire récente du RCSA commence par une longue descente aux enfers. Des années de galère. Car après six ans d’agonie avec trois relégations en 2006 et 2008 en Ligue 2, puis en 2010 en National, le club alsacien accuse un déficit de 4,5 millions d’euros. Plombé par une gestion catastrophique, il dépose le bilan à l’été 2011 et redémarre dans le monde amateur, en cinquième division. Changement de décor. Et d’ambiance. De Vesoul à Forbach.

L’année suivante, Marc Keller prend la tête du club avec un pool d’investisseurs de la région. Reparti en CFA2 (l’actuel N3) dans les bas-fonds du football amateur, le Racing Club de Strasbourg entreprend un long chantier, celui de la renaissance. Le club alsacien vit trois saisons délicates en National (2013-2016). La première se passe mal avec une relégation en CFA. Repêché in-extremis, Strasbourg apprend et retrouve le monde professionnel en 2016.

Les exploits de Liénard, milieu emblématique du club

Comme l’appétit vient en mangeant, l’ambition est de retour. Et avec elle, les folles ambiances de la Meinau. Le Racing décroche son accession en Ligue 1 en mai 2017, dans une ambiance indescriptible, après neuf ans d’absence. Et c’est encore au terme d’un final de fou qu’il arrache son maintien en Ligue 1 l’année suivante, grâce à un coup de patte magique de Dimitri Liénard, le rescapé des années National, buteur magnifique dans les arrêts de jeu face à Lyon (3-2).

Et voilà que le destin frappe encore à la porte de ce milieu de terrain atypique. Auteur d’une panenka exécutée à la perfection, un geste insensé à cet instant du match, en pleine séance de tirs au but samedi, Liénard a inversé la pression psychologique et sans doute influé sur la tentative ratée de Ronny Rodelin. A l’image de Marc Keller, président d’un club assis sur des fondations solides, Dimitri Liénard savoure l’instant présent: “Avec tout ce qu’on a traversé avec ce club, c’est un truc de fou. »





RMCSport

A lire aussi

Laisser un commentaire