Boy de la Tour parle de « folklore », puis tempère ses propos



Le week-end dernier, la ministre des Sports Roxana Maracineanu s’est insurgée contre les chants homophobes entendus dans les stades de football – particulièrement lors du dernier PSG-OM – en demandant du changement, et des « pénalités » pour les clubs. « Ce n’est pas parce qu’elles sont anciennes que ces pratiques doivent perdurer. Les insultes, homophobes notamment, sont interdites par la loi », a rappelé l’ancienne nageuse.

Mais ce mardi, dans les colonnes du Parisien, Nathalie Boy de la Tour a exprimé un avis… divergent. Si elle reconnaît un problème, la dirigeante ne veut pas tomber dans le catastrophisme. « C’est le folklore, le folklore du foot… J’assiste à plus de 50 matchs par an. Ce sont des propos qu’on entend régulièrement. Ça ne veut pas dire qu’ils sont acceptables, mais ils font partie de l’expression d’une ferveur populaire qu’il faut prendre comme telle, estime-t-elle. »

Des associations de lutte contre l’homophobie ont dénoncé ses propos

Avant d’en remettre une couche quelques questions plus loin: « Je ne dédouane pas ce qui s’est passé. Mais, pour beaucoup de supporteurs, les chants homophobes font partie du folklore. Je ne suis pas en train de dire que ça doit le rester, mais c’est une réalité. La plupart des supporteurs n’ont pas l’impression de blesser », assure la dirigeante, pour qui la prévention est plus efficace que les sanctions. « On ne supprimera pas du jour au lendemain les chants qui ne nous plaisent pas dans les stades. Ce n’est pas possible. Donc, j’en reviens au travail de fond sur la pédagogie, la sensibilisation et l’éducation », poursuit-elle.

Un argumentaire un peu léger pour les associations de lutte contre l’homophobie, qui sont très vite montées au créneau pour dénoncer les propos de Boy de la Tour. « Considérer, comme le fait la présidente de la LFP, que les chants homophobes dans les stades de foot relèvent du ‘folklore’, c’est relativiser et tolérer l’homophobie. Ces pratiques doivent être fermement condamnées, prévenues et sanctionnées », a ainsi déploré SOS Homophobie sur Twitter.

Stop Homophobie a aussi adressé un carton à la dirigeante: « Abasourdis par les propos de Nathalie Boy de la Tour, présidente de la Ligue Nationale de Football, estimant que les chants homophobes font partie du ‘folklore’. C’est pourtant bien un délit », ont de leur côté déclaré ses responsables.

Boy de la Tour précise son point de vue, mais maintient son discours sur les sanctions

Devant la levée de boucliers, Boy de la Tour a donc précisé sa pensée dans des propos rapportés par le Parisien. Mais si elle condamne les insultes, elle maintient sa position sur la façon d’engager la lutte. « Ces actes n’ont rien à faire dans un stade. Comment pouvons nous combattre cela? Cela passe par l’éducation et la prévention. La sanction, pourquoi pas, mais quel type de sanction? Il faut appliquer un principe de réalité dans les stades », a-t-elle redit.

Le débat vient donc d’être lancé, et le chantier reste énorme, comme le disait lundi Joël Deumier, président de SOS Homophobie, au micro de RMC Sport. « On salue le fait que la ministre des Sports se soit emparée du thème de l’homophobie dans les stades. Les chants homophobes dans les stades, c’est parfaitement anormal, et parfaitement illégal, observait-il. L’homophobie ne doit pas y être tolérée, de la même manière qu’elle n’est pas tolérée dans le reste de la société. Ce phénomène persiste, et est banalisé, puisqu’on entonne des chants contenant l’insulte ‘PD’ de manière tout à fait normale… Alors que l’homophobie brise des vies aujourd’hui. »





RMCSport

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