comment les arbitres français sont formés au VAR



C’est la grande nouveauté de la saison en Ligue 1. Censée réduire significativement les erreurs, l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) a fait son apparition dans les stades français en août dernier, après avoir été adoptée par nos voisins italiens, allemands, portugais ou belges. Depuis, le dispositif a fait des déçus, qui peinent souvent à s’habituer aux temps morts inhérents au recours à la vidéo ou qui déplorent un manque de cohérence dans les décisions sur l’ensemble des matchs. D’autres se félicitent de son application, convaincus que le VAR apporte plus de justice et apaise les tensions sur les terrains. Qu’il soit accueilli avec joie ou scepticisme, ce nouvel outil pousse les arbitres à toujours plus d’exigence. Pour y répondre et continuer à mieux appréhender le VAR, les meilleurs arbitres de l’Hexagone se réunissent environ une fois par mois à Clairefontaine.

Lors de ces sessions, qui permettent plus globalement aux arbitres de travailler sur des problématiques spécifiques, au moins une demi-journée est consacrée à l’assistance vidéo. Ces formations sont assurées par Fredy Fautrel, manager de la Direction technique de l’arbitrage (DTA) en charge de l’assistance vidéo, et Laurent Duhamel, DTA adjoint en charge des arbitres professionnels. Pascal Garibian, directeur technique de l’arbitrage, est également présent. Les arbitres ont notamment droit à un entraînement en simulateur. L’idée est de partir d’une situation réelle, comme une action litigieuse type penalty ou carton rouge, et de simuler sous la forme d’un jeu de rôle une communication entre l’arbitre central et les arbitres en charge du VAR. « On essaie de reproduire au plus près de la réalité ce qui se passe le samedi ou le dimanche dans les stades, les camions de visionnage ou le centre de visionnage », nous explique Fautrel.

« C’est une bouée de sauvetage »

« On a installé des postes et on passe des situations où nos arbitres s’entraînent à prendre des décisions, à trouver des automatismes de communication et de process, que ce soit avec l’arbitre ou l’opérateur », ajoute-t-il au micro de RMC Sport. Une partie plus théorique est également au programme. Elle permet aux arbitres d’échanger au sujet de décisions arbitrales prononcées lors des précédentes journées de Ligue 1. Ils en profitent pour s’échanger des conseils sur la gestuelle à adopter en match lorsqu’ils s’appuient sur l’assistance vidéo et font alors face à la pression des joueurs. « Le VAR est un vrai changement pour nous, une vraie aide. C’est une sorte de bouée de sauvetage qui nous rend beaucoup plus serein sur le terrain. On n’a plus ce couperet, ce risque de manquer une décision importante et de fausser le résultat d’une rencontre », rappelle l’arbitre Eric Wattellier, qui découvre la Ligue 1 cette saison.

En Ligue 1, tous les arbitres « élite » prennent part à un turn-over, en alternant entre une semaine sur le terrain et une semaine comme assistant vidéo. « L’objectif du VAR, ce n’est pas de ‘réarbitrer’, mais d’intervenir pour éviter que l’équité soit bafouée », appuie Johan Hamel. Et si le VAR n’a pas encore permis d’éteindre toutes les polémiques, les acteurs concernés ne sont pas inquiets. « On ne vit pas ça comme des controverses douloureuses. Ça nous paraît complètement naturel. On est dans une phase de mise en route. Ça a simplement commencé en août. Chacun d’entre nous essaie de trouver un maximum d’uniformité », souligne Laurent Duhamel. Selon les chiffres de la Direction nationale de l’arbitrage, le VAR évite plus de 60% des erreurs de jugement commises par les arbitres en Ligue 1.





RMCSport

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