ces Français qui peuvent briller sur la « Primavera »



Qui pour décrocher un 14e français succès sur la Primavera ? Telle est la question qui taraude le cyclisme tricolore, en recherche d’un successeur à Arnaud Démare, consacré en 2016 dans les rues de Sanremo. De nouveau séduit par un peloton français performant, le public a des attentes élevées pour ce premier Monument de la saison, remporté la saison passée par Vincenzo Nibali au prix d’un effort solitaire « vintage » dans le Poggio.

Alaphilippe en grand favori de l’épreuve

C’est un statut difficile à porter sur la Primavera. Peter Sagan, un peu malade ce samedi, peut en témoigner. Dans un passé proche, seuls Erik Zabel (1997, 1998, 2000, 2001), Oscar Freire (2004, 2007, 2010) voire Mark Cavendish (2009) ont su résister à l’étiquette. Qui ne doit pas effrayer le Français, fort de six succès en 2019, dont un mémorable sur les Strade Bianche.

Porté par une équipe où cinq des sept coureurs au départ peuvent tenter leur chance, Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step) visera plus haut que sa 3e place prometteuse en 2017. Son succès passera sûrement par une violente sortie dans le Poggio (3,7 km, avec des passages à 8%), à moins de cinq kilomètres de l’arrivée, pour s’éviter une arrivée en sprint massif. Où il s’est tout de même imposé lors de la sixième étape de Tirreno-Adriatico… Qu’on se le dise, le gain d’un premier Monument cycliste n’a jamais semblé aussi proche pour le puncheur tricolore.

Démare pour un doublé ?

L’habitué français de Milan-Sanremo. A ce jour, le Picard est le dernier vainqueur français sur le Monument italien (2016). Un succès fondateur dans son palmarès, lui qui avait dû assurer un effort violent pour rentrer dans le peloton victorieux.

Depuis, ‘Nono’ collectionne les accessits à San Remo. Sixième en 2017, il avait été, comme tous les sprinteurs, piégé par l’attaque soudaine de Nibali l’an passé (troisième à l’arrivée). Malade lors du Tour d’Algarve, sa forme n’est pas optimale à l’heure d’aborder cette 110e édition. Ses rivaux pour un sprint (Viviani, Ewan, Sagan, Groenewegen, Colbrelli, Stuyven, Matthews, Trentin…) en sont conscients. Si la distance est toujours le juge de paix de la classique lombarde, Démare pourra au moins se cacher avant de donner des indications sur son état de forme.

Les premiers pas de Bardet et Calmejane

Deux néophytes français vont tenter leur chance cette année. Lilian Calmejane (Direct Energie), vainqueur d’une étape sur le Tour de France 2017, peut espérer jouer sa carte en fin de journée. Adepte des courses dures, l’Albigeois pourrait avoir une carte à jouer dans le Poggio final, à moins qu’il ne devance les attaques dans la Cipressa (passages à 9%). Pas le plus explosif des puncheurs, ce qui lui confère une étiquette de coursier un peu moins surveillé. La grosse cote chez les Bleus.

Il en va de même pour Romain Bardet. Fin connaisseur de l’histoire de son sport, Bardet n’ignore pas la valeur de Milan-Sanremo dans un palmarès. Ainsi que sa dureté. Si 291 kilomètres n’auront pas raison de la résistance du grimpeur d’AG2R, son manque d’explosivité pourrait le desservir en fin de course, de même que sa réussite au sprint en cas d’arrivée en tout petit comité. A l’instar d’Alaphilippe, il reste cependant l’un des meilleurs descendeurs du peloton. Une caractéristique fondamentale lorsqu’on vire en tête après le Poggio.

Laporte et Bouhanni pour une très grosse surprise ?

L’un a le vent en poupe, l’autre moins. Pourtant, Christophe Laporte (26 ans) et Nacer Bouhanni (28) seront associés par Cofidis pour tenter de réaliser un improbable coup à Sanremo. Le Varois, propulsé par Cédric Vasseur, s’est construit un joli CV l’an passé mais n’a toujours pas levé les bras dans une course majeure en World Tour.

S’il tient la distance, cet adepte des Flandriennes peut jouer une carte intéressante au sprint, son domaine de prédilection. A moins que Nacer Bouhanni, hors délais sur le chrono par équipes de Tirreno-Adriatico, ne rejoigne l’arrivée en compagnie des meilleurs. Un tableau improbable au regard des performances actuelles du Vosgien, seulement 51e de la Nokere Koerse mercredi. Ne pas oublier cependant la réussite de Bouhanni dans cette épreuve, souvent classé à Sanremo (6e en 2015, 4 en 2016, 8e en 2017).

Mais aussi…

Maillot de champion de France sur les épaules, Anthony Roux (Groupama-FDJ) pourrait avoir l’intention de se montrer à l’avant de la course. Le puncheur est néanmoins cantonné à un rôle d’équipier au service d’Arnaud Démare.

Même constat pour Anthony Turgis (Direct Energie), lieutenant de luxe de Calmejane et Terpstra. Son succès inaugural sur le GP la Marseillaise pourrait pourtant lui donner des idées. Passé proche d’un succès sur Tirreno-Adriatico, le cyclo-cross man Clément Venturini (AG2R) peut aussi viser un accessit s’il survit aux 291 kilomètres.





RMCSport

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