face à l’incurie dans les réformes, la population s’active



Les derniers chiffres sur les créations d’emplois en France en 2018 ont confirmé un essoufflement de ces créations, ce qui se traduit par le maintien d’un chômage élevé. Notre taux de chômage est de 8,8% quand il est de 4% au Royaume-Uni et de 3,1% en Allemagne. Tout le monde a conscience du problème. Pour s’en convaincre, il suffit de lire le texte suivant :

« « Pourquoi la société française crée-t-elle moins d’emploi que les autres ? » Pour répondre à cette interrogation, un groupe de réflexion composé de spécialistes de divers horizons s’est réuni à la demande du Premier Ministre. Ce rapport est destiné à présenter les grandes orientations issues de leurs travaux. Les principaux constats ont été un coût du travail trop élevé, notamment au niveau des charges sociales et de l’assurance maladie. Notre société doit choisir entre l’assistance et l’exclusion. Les passerelles entre la fin de la scolarité des jeunes et un emploi doivent se faire plus facilement. L’adaptation du droit du travail doit amener plus de souplesse à la gestion des entreprises pour répondre aux exigences de la compétitivité et de l’emploi. De même un allègement, une simplification de l’action de l’Etat autoriserait la société civile à plus de créativité ». 

A ceci près que si le Premier ministre dont il est question se prénomme « Edouard », il ne se nomme pas « Philippe », mais « Balladur » !

Ce court texte est en effet l’exergue d’un rapport rédigé en 1993 par les membres d’une commission placée sous l’autorité de Jean Mattéoli, alors président du Conseil économique et social (à l’époque, il n’était pas encore environnemental…). Ce rapport avait pour objectif de faire des propositions pour réduire « les obstacles structurels à l’emploi ». La citation ci-dessus résume parfaitement le contenu du rapport.

25 ans après, certaines dispositions ont été amorcées, certaines erreurs ont été par ailleurs commises comme les « 35 heures » mais faute d’être allée jusqu’au bout dans l’application de ce rapport, la France reste l’homme malade de l’Europe en termes de chômage structurel.

Résultat, face à l’incurie dans les réformes du marché du travail, la population se prend en mains et contourne l’inertie publique. Selon l’Insee :

« En 2018, les créations d’entreprises atteignent un nouveau record : 691 000 entreprises ont été créées en France, soit 17 % de plus qu’en 2017 ».

L’Institut d’ajouter :

« Les immatriculations de micro-entrepreneurs sont particulièrement dynamiques (+ 28 %) comme les créations d’entreprises individuelles classiques (+ 20 %) »

C’est à dire que chacun, individuellement, prend l’initiative de créer les emplois dont la politique de l’emploi, le code du travail et les réglementations abusives empêchent l’émergence.





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