Comment Brunel est vu par ses anciens joueurs italiens



Le XV de France va conclure son pénible Tournoi des VI Nations samedi en Italie (13h30) avec l’ambition d’éviter un dernier camouflet face à une équipe qui a perdu ses quatre premiers matches et qui ne compte aucun point. La rencontre promet d’être spéciale pour Jacques Brunel, sélectionneur des Bleus et qui a dirigé la sélection italienne pendant cinq ans (2011-16). Lors de son mandat, Brunel a notamment eu pour fait d’armes une victoire face… à la France en 2013. Un succès qui avait eu lieu sans Mirco Bergamasco, écarté par Brunel après lui avoir offert la dernière de ses 89 sélections en 2012. 

Bergamasco critique sa communication…

L’ancien trois quart, désormais entraîneur-joueur d’Aubenas (Fédérale 1), en garde une incompréhension plus que de l’aigreur et livre un regard acerbe sur l’approche de son ancien entraîneur avec le XV de France et sur sa communication. « Il suffit d’entendre ses interviews: ‘quand tout va bien, c’est nous (le staff) et quand ça ne va pas, ce sont les joueurs’. (…) Sur les défaites, il faut se remettre en question: ‘qu’est-ce que j’ai mal fait pendant la semaine, qu’est-ce que j’ai loupé?’ »

… et ses méthodes, les mêmes « qu’il y a 30 ans »

« Pour moi, le problème, c’est qu’il s’appuie beaucoup sur ses adjoints, estime-t-il. C’est mon ressenti par rapport à ce que je vois de l’extérieur. Je pense qu’il ne voit pas ce qu’il se passe en dehors de la France. Et ça, c’est un problème aujourd’hui parce que le meilleur rugby est anglo-saxon. J’ai l’impression qu’il fait les mêmes choses que lorsqu’il était adjoint en équipe de France (2001-07) ou qu’il était à Perpignan (2007-11) ou Bordeaux (2017). Le rugby a évolué. Je suis pour innover tout le temps et essayer de proposer quelque chose qui fait partie du rugby actuel. L’impression que j’ai, c’est qu’il est resté à il y a 30 ans. Aujourd’hui, ce rugby-là ne marche pas. »

Lo Cicero: « Un mec extraordinaire »

Andrea Lo Cicero, ancien pilier Italien, se montre, lui, beaucoup plus élogieux envers son ancien sélectionneur. « J’ai passé un moment magnifique, c’est un mec extraordinaire, introduit-il. C’est un personnage qui donne la confiance pour essayer de faire quelque chose sur le terrain. Tous les entraîneurs ne le font pas. Ça s’est bien passé avec moi et je vais toujours le porter dans mon cœur. »

L’ancien joueur du Racing 92 loue la volonté de Brunel de donner du temps de jeu aux jeunes comme il le fait actuellement en équipe de France. Si certains lui reprochent des méthodes un peu archaïques, Lo Cicero défend l’entraîneur des Bleus. Il n’utilise pas de drones ou de GPS? « C’est quelque chose qui peut améliorer le jeu mais ce n’est pas indispensable, rétorque-t-il. Il faut faire sortir l’envie des joueurs de s’exprimer, d’être eux, de savoir ce qu’il y a sur le terrain et ce que fait l’adversaire. Il faut trouver le liquide qui passe entre les joueurs. »

« Si on a besoin de préparation mentale, on est grave »

Il s’étonne aussi des critiques sur l’absence de préparateur mental auprès d’une équipe qui semble pourtant marquée par ses échecs répétés. « Si aujourd’hui, on a besoin de préparation mentale, on est grave, on va à l’hôpital. Peut-être qu’avant, c’était plus la vérité sur le terrain. Maintenant, on a trop de règles qui mettent les joueurs dans une certaine situation psychologique. Il y a des hommes qu’il faut mettre sur le terrain en condition de jouer. »





RMCSport

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