« Il y a un problème de prix et de vétusté des transports en commun », selon Éric Coquerel


Éric Coquerel, député de La France insoumise de Seine-Saint-Denis, le 16 novembre 2018. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Invité du « 19h20 politique » de franceinfo, vendredi 16 novembre, le député de la France Insoumise, Éric Coquerel est revenu sur la question de la récupération politique du mouvement des « gilets jaunes », et de leur mobilisation du samedi 17 novembre. Par ailleurs, pour lui, il y a un manque d’alternative à la voiture, en particulier « un problème de prix et de vétusté des transports en commun ».

franceinfo : Va-t-il y avoir une forte mobilisation dans votre circonscription ?

Éric Coquerel : Je ne sais pas. Je n’ai pas observé pour l’instant de barrage dans ma circonscription. Elle n’est pas loin de Paris. Donc vraisemblablement les transports en commun sont plus utilisés. Mais vous savez, moi j’attends un mouvement dans ma circonscription bientôt, c’est le gilet Navigo. Parce que les gens souffrent de payer trop de carburant dans les endroits où il n’y a pas de transport en commun. Et actuellement dans les transports en commun franciliens, ça devient insupportable. On n’a pas mis assez d’argent dans les transports du quotidien. Il y a un problème de prix et de vétusté des transports. Sur la ligne 13, ils ont inventé un truc pour essayer d’améliorer les choses, ils ont supprimé les strapontins. Bientôt ils vont supprimer aussi les sièges ! Ce que je veux dire par là, c’est que l’argent n’a pas été du côté du transport collectif. On oblige les Français à rouler en voiture et on s’étonne qu’ils ne supportent pas l’augmentation des prix du pétrole.

Vous n’avez pas de problème à manifester samedi 17 novembre alors que le Rassemblement national sera lui aussi présent ?

Il y aura sûrement des électeurs du Rassemblement national. Moi, ce qui m’intéresse, c’est le mouvement citoyen. Je juge qu’ils ont raison, que les bases sur lesquelles ils protestent sont justes. Maintenant, quand il y a une grève de salariés que je soutiens, est-ce que vous pensez qu’il n’y a pas d’électeurs du Rassemblement national ? Bien sûr que si ! Mais je ne vais pas leur demander leur carte d’électeur. Le Rassemblement national appelle à la mobilisation comme il est sur un terrain où il a l’impression qu’il va être plus entendu, justement parce qu’il n’est pas sur le terrain syndical. Si les fachos étaient bêtes, on aurait moins de problèmes et il serait [le Rassemblement national] moins haut. Ce n’est pas le cas.

Vous ne croyez pas à une récupération politique du mouvement des gilets jaunes par le Rassemblement national ?

Je vous réponds une chose : c’est que j’ai bien entendu cette petite musique. Le gouvernement nous la sort sans arrêt. Moi, je me demande à quel niveau en réalité le gouvernement n’aimerait pas finalement se contenter d’un soutien du Rassemblement national [au mouvement des gilets jaunes]. Comme ça, on pourrait dire que c’est des fâchés et non des fachos, et on pourrait appeler à la démocratie, à la bienséance, à la bataille de l’écologie contre l’extrême-droite, mais ce n’est pas le cas. Le gouvernement et le Front national [Rassemblement national] ont le même intérêt à faire croire que les gens qui protestent adhèrent aux idées d’extrême droite.



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